LES DÉMONS SONT DES ANGES TOMBÉS
comme la matière, il n'est qu'un accident, résultat de l'égarement de la Yolonté, sans qu'on y puisse reconnaître à aucun degré l'œuvre de Dieu '. D'après ce principe fondamental, le mal, dans toutes les sphères de l'existence, procède des révoltes de la créature. Les démons ne sont pas des êtres mauvais par nature ; ils le sont devenus; ce sont des anges tombés. Clément a partagé les idées de son temps sur le pouvoir extraordinaire des anges ; il nous les montre comme des gouverneurs de provinces préposés à l'administration des diverses parties de l'univers^. Quelques-uns d'entre eux se sont laissés prendre à l'amour des filles des hommes et leur ont révélé les mystères divins*. D'autres planent dans les airs comme de mauvais génies et réclament des sacrifices sanglants. Le jaganisme leur doit tout ensemble les débris de vérité qu'il a conservés et ses rites barbares. Cependant Clément attribue une origine simplement humaine à plusieurs des divinités de l'Olympe '*. Après tout, il n'a pas donné à la doctrine des démons l'importance que lui accordèrent Justin avant lui et Origène après lui. Il accepte l'idée courante, mais sans y tenir beaucoup ^ et sans en faire comme d'autres Pères l'un des points fondamentaux de la doctrine de la chute et de la rédemption.
1 Tb àiJ.ap-avcW èvep^eta xetxat où/, oùaia, B'.b oUcik sp^cv Oeou, [Strorn., IV, 13, 95.)
* KaToc x£ yàp m eOvY) /.ai -iiàkeiç v£V£[;.Y3VTat twv ày^é'kiù'i al xpos-iacîat. {Id., VI, 17, 157.)
* Protrept., II, 40.
5 Id., III, 44, 45.