‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 220 sur 387 · LE CHRIST A VRAIMENT SOUFFERT · texte numérisé non relu

LE CHRIST A VRAIMENT SOUFFERT

Il a pris la forme de serviteur, pour se conformer à notre condition. Sans doute, par la puissance de la vertu divine qui était en lui, il pouvait se soustraire aux besoins du corps ', mais c'était un triomphe de sa liberté qui n'ôtait aucune réalité à sa vie corporelle. Clément avait trop nettement repoussé le dualisme platonicien pour tomber dans le docétisme que d'ailleurs il écarte positivement dans le texte même tant soit peu paradoxal que nous venons de citer, et qui enlève certainem nt quelque chose à la pleine humanité du Sauveur. Quand il dit que Jésus est venu sous le masque de l'humanité corporelle jouer son rôle dans le drame de notre rédemption ^, il n'y a dans ces mots qu'une vive image qui n'implique nullement les principes favoris de la gnose. Les souffrances du Rédempteur n'ont point été apparentes, car il avait revêtu un corps semblable au nôtre, et il a versé son sang. « Crois au Dieu vivant, dit-il, qui a souffert, crois à celui qui est mort ^ » — « Le Fils de l'homme, dit-il ailleurs, n'est pas venu pour être servi, mais pour servir. Il a connu la fatigue, il a donné sa vie en rançon pour plusieurs et a voulu être notre frère*. » Clément ne paraît pas avoir admis en Jésus une âme humaine distincte du Verbe. L'humanité est si étroitement apparentée au Verbe qu'il suffit qu'elle soit portée à sa perfection pour être vraiment divine.

Oe-la; i-xiovjzzv. (Sfrom., Vil, 2, 7.)

' EçaY^v vàp o'j C'.à -rb ^^[/a ojv7.;xî'. a'jv£-/c'f;.£vov àvia. Id., VI, 9, 71.)

* Tb àvOpwzi'j rpo-w-îTov àvaXa^wv. [Protrept.. X, HO.)

* nb^îusiv -riT) T.x'iiT.'. O-.w. {Id., X, 106.) Voir sur ce point délicat, Dorner, ouvr. cité, t. I, p 4o9-461. - * PxJag., \, 9, 85.

Page 1