LA REDEMPTION N'EST PAS EXPIATOIRE
Au point de vue de CIcraent, la rédemption ne saurait être une expiation. 11 n'admet pas que Dieu punisse, si ce n'est pour guérir et pour sauver. Si la souffrance suit le mal, c'est par une conséquence naturelle; mais que le mal actuel vienne à disparaître, la souffrance cessera aussitôt avec lui. Il n'y a pas de dette à payer, pas de réparation à offrir à Dieu, qui n'attend que le repentir du coupable pour le réintégrer dans sa condition première. Le pardon n'est pas même un acte nouveau auquel il se décide dans sa liberté , c'est en quelque sorte une conséquence nécessaire de l'amour qui est l'essence même de la divinité, bien que le droit de remettre les péchés appartienne à Dieu seul. Le côté du sacrifice est donc complètement jeté dans l'ombre. Comme ses devanciers, Clément a méconnu le sens profond des institutions mosaïques. A l'imitation de Philon, il y voit des types cosmogoniques. Les divers ornements de la robe flottante du grand prêtre sont l'emblème (!es phénomènes célestes. L'autel des parfums, placé entre le premier et le second voile, est le symbole de la terre placée au centre du monde. Le sanctuaire représente la région intermédiaire entre le ciel et la terre. Le chandelier à sept branches est l'image des sept luminaires célestes. L'entrée du souverain sacrificateur dans le saint des saints figure l'initiation de l'âme purifiée aux mystères du Acerbe. Ce dernier symbolisme, bien que d'un ordre plus élevé que le précédent, n'atteint pas la notion de rédemption. Les sacrifices expriment la consé-
» Voir le chap. YI du livre V des Stromates.