LE CHRIST ECRASE LE SERPENT
cration de notre âme à Dieu, et nou le besoin profond d'une expiation. « Les sacrifices conformes à la loi, ditil, symbolisent la piété à laquelle nous sommes obligés'.» L'offrande des boucs et de la colombe pour le péché figure la purification de la partie irrationnelle de l'âme qui la rend agréable à Dieu.
Tout en revient donc à la purification morale, sans que nous devions tenir aucun compte du passé. Si le sacrifice sous le mosaïsme ne fait qu'exprimer le retour à la sainteté, le grand sacrifice du Calvaire n'aura pas d'autre destination que de nous ramener au bien. C'est là, en effet, l'œuvre essentielle de Jésus-Christ. Clément reconnaît qu'il a dû remporter la victoire sur le péché et sur la mort par sa souffrance, mais il ne donne aucune raison suffisante de cette souffrance. « Le Seigneur, dit-il, vint briser les liens qui retenaient l'homme captif. Il a incarné le mystère divin, il a ainsi écrasé le serpent, il a réduit en esclavage notre tyran qui était la mort. Profond sujet d'étonnement ! Cet homme séduit par le plaisir, voué à la corruption, c'est par ses mains clouées au bois qu'il l'a affranchi ! 0 mystère admirable ! Le Seigneur succombe, l'homme se relève, et celui qui avait été banni du paradis reçoit le plus grand pri>de l'obéissance, je veux dire le ciel ^. » Les souffrances du Christ ont donc bien eu une valeur positive, la croix est autre chose qu'une simple déclaration du pardon.
* Al |Aèv yàp xaià tov v6[;.ov 6u(j{ai tt;v TUîpl yjiax; sjcéSstav àkkr,vopoua'.. [Strom., VIL 6, 32.)
2 Q 6a6iJi,aTOç \WQV.y,o\i- /.éx/v'.-cai [jl£v 6 xup-oç, àvésxr; 3e àv- 6pU)TC0Ç. {Protrept.,YA, 111.)