LA MORALE CHRETIENNE D'APRÈS CLEMENT
§ llî. — La morale chrétienne. L'autorité. La doctrine de V Eglise et des sacrements. Les choses finales.
Les erreurs dans la conception de la rédemption ont le plus souvent leur contre-coup dans les autres domaines de la théologie. Il n'est pas possible de revenir au légalisme judaïque en ce qui concerne h\ relation de l'homme avec Dieu sans revenir plus ou moins au régime sacerdotal et sans aliéner la liberté chrétienne, car les institutions caractéristiques de l'ancienne alliance procèdent toutes de la condition spéciale de l'homme avant l'accomplissement de la rédemption, alors qu'un libre accès ne lui a pas encore été ouvert auprès du Père céleste. Dans l'exacte mesure où l'on rétablit Tancienne barrière entre lui et Dieu, en enlevant au salut son caractère de pleine gratuité, on le ramène à l'esclavage, ou plutôt à toutes les formes religieuses qui étaient destinées à lui faire mesurer la distance qui le séparait du ciel. C'est ainsi que l'on introduit de nouveau en plein christianisme la distinction entre les hommes et entre les jours, que l'on rebâtit le sanctuaire, que l'on soumet la .vie morale au joug d'un rituel minutieux et que l'on cherche à renouveler le sacrifice expiatoire dans la célébration même du sacrement. D'où vient donc que Clément d'Alexandrie est demeuré sur les hauteurs du spiritualisme chrétien, sans faire un seul pas en arrière, bien qu'il ait alTaibli la doctrine de la rédemption? Cela tient à ce qu'il a maintenu au centre de sa doctrine l'amour de Dieu comme peu de théologiens l'ont fait