U SON SPIRITUALISME ELEVE
après lui. Sans doute il n'a pas su concilier cet amour immense avec la sainteté absolue. Là est la lacune de son système et nous n'en dissimulons point la gravité. Nous croyons même que si ses erreurs sur ce point capital ont été neutralisées par le pur et généreux courant de sa pensée dominante, elles n'en ont pas moins eu un effet fâcheux sur l'Eglise et ont contribué à la ramener vers les institutions du judaïsme. Mais à coup sur rien de pareil ne peut être signalé chez le chef de J'école d'Alexandrie. Après tout l'idée de Dieu pour lui n'est point celle du mosaïsme. On doit même reconnaître qu'il n'en a pas reconnu la part de vérité. Il a idéalisé, transformé le judaïsme au lieu de donner satisfaction à ce qu'il avait de fondé, je veux dire à cette notion de la justice si profondément inscrite dans la conscience, car il a fait évanouir la justice dans l'amour. Il nen demeure pas moins que par un chemin qui n'est pas le véritable parce qu'il n'a pas été arrosé du sang d'un sacrifice vraiment réparateur, il arrive au même résultat que l'Evangile, à la pleine réconciliation de l'homme avec Dieu par leYerbe incarné, et il en lire toutes les conséquences qu'en avait tirées saint Paul avec une sûreté de logique qui n'a jamais été dépassée.
Il n'y a nulle trace chez lui de ce dualisme ou de cette opposition entre l'élément humain et l'élément divin qui en morale enfante l'ascétisme et la casuistique, et produit dans la vie religieuse la prédominance du rite; il n'a pas davantage relevé le matérialisme sacramentel , ni poussé au rétablissement d'une autorité toute extérieure. Nous l'avons vu dans son apologie du chris-