‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 23 sur 387 · JUGEMENT MODÉRÉ SUR LE JUDAÏSME · texte numérisé non relu

JUGEMENT MODÉRÉ SUR LE JUDAÏSME

est rachèvement de la crise de séparation d'où résulte l'iiarmonie d'un monde bien ordonné. La liberté morale est totalement sacrifiée pour la plus grande gloire des prédestinés de la grâce; tout en revient à la manifestation dos élus, et cette manifestation n'est pas autre chose que rilluraination de leur intelligence.

Le péché perd son sens moral pour se confondre avec l'ignorance ou la conuaissance imparfaite, d'ailleurs voulue de Dieu. Le besoin de salut n'est plus que la soif de l'infini et de l'absolu, et en définitive cet absolu où Tàme tourmentée doit trouver le repos n'est qu'un pur néant, Tabime du non-être '. Partant de l'idée que l'histoire religieuse de l'humanité est une longue évolution cosmique, Basilidès accepte les religions du passé, à commencer par le judaïsme, comme l'une des périodes nécessaires de cette évolution. Il n'a point d'outrages pour le Dieu des Juifs, Il se contente de le dédaigner du haut de sa connaissance supérieure, car il peuse que le moindre de ses disciples est infiniment au-dessus de l'Archôn qui n'a été éclairé un instant que pour faciliter l'illumination des vrais enfants de l'absolu. 11 ne rejette pas plus la nature que la Bible; elle a fait partie du mélange primordial; aussi voyons-nous son fils Isidore condamner les excès de l'ascétisme et reconnaître la légitimité du mariage. C'est donc à tort qu'Irénée et Epiphane ' ont prêté à Basilidès une haine aveugle du Dieu d'Israël et un docétisme tellement outré qu'il aurait expliqué le supplice

' Irénée, Contra liœres., \, 23.

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de la croix par la substitution frauduleuse de Simon de Cyrène à Jésus.

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