‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 235 sur 387 · LE MARTYRE EST UN DEVOIR, NON UN MÉRITE · texte numérisé non relu

LE MARTYRE EST UN DEVOIR, NON UN MÉRITE

rait d'une prudence légitime pour l'éviter*. Sans doute la lâcheté qui se dérobe au devoir de la confession est inexcusable ^, et rien n'est plus beau que de souffrir courageusement pour Jésus-Clirist, quand on y est appelé. Couvert d'opprobre et conduit a la mort, le vrai chrétien est assuré de l'amitié royale de son Dieu ; on ne peut lui ravir ni la liberté ni la charité ^. Et cependant qu'il ne s'élève pas au-dessus de ses frères, car toute souffrance endurée au nom de Christ est un martyre et une confession *. Ainsi se maintient l'unité de cette grande morale de l'amour, indépendante des circonstances et des diversités extérieures, qui ne se réalise jamais mieux que dans la large propagation de la vérité et de la vie divine, car celui ijui s'en fait le généreux dispensateur est semblable à Dieu; il reproduit la charité dont il a été lui-même l'objet ^

Le spiritualisme élevé de Clément se retrouve dans sa conception de la vie religieuse proprement dite. Il n'admet aucune des distinctions qui tenaient au particularisme judaïque, il n'admet pas cette séparation si profonde entre le profane et le sacré, entre l'élément humain et l'élément divin qui caractérisaient la [,ériode de la loi. Ainsi il ne reconnaît aucun sacerdoce spécial, et par conséquent aucune diflerence essentielle entre les chrétiens. Les charges ecclésiaslicjues sont mainte-

« Strom., IV, 4, 17.

* Ici., IV, 4, 16, » M., IV, 7, 53.

* Et To\vjv Y) Trpbç 6e'cv 6iJ.0A0Y'!a \).xp-'jp'.7. liv., xaaa f, y.aOapwç '!:oX'.~fj':7.\).irr, ^u/r, i^-ît' èz'.Yvwseo); tsO Osoîj y) TaT; âvToXaT;; èxa/.r//.:uTa [J.xpTj; èjTi y.aî ^(u) y.v, AÔ^cs). {Id., IV, 4, 15.)

» /d., vil, 9, 42.

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