SACERDOCE UNIVERSEL
nues; l'évêque n'est plus aussi complètement identifié à l'ancien que dans l'époque précédente', bien que Clément soit à cent lieues de toute idée de hiérarchie -. « 11 n'y a qu'un seul maître qui est dans le ciel. Il s'ensuit que tous les chrétiens sont également disciples ^ >. « Le véritable rapport entre nous et lui consiste en ce que la vérité parfaite n'appartient qu'au Seigneur notre maître, tandis que notre faiblesse et notre ignorance nous appellent à tout apprendre de lui. « Tous les chrétiens sont des enfants également placés sous la direction du divin pédagogue. Ils forment le troupeau conduit par sa houlette '•. « Celui qui enseigne et celui qui est enseigné n'ont l'un et l'autre qu'un seul maître, d'oùprocèdent et la parole et l'intelligence \ .. Il n'y a d'autre succession apostolique que celle de la foi et de la piété. .. Le vrai gnostique, en d'autres termes, le chrétien complet, supplée à l'absence des apôtres par la pureté de sa vie et de sa connaissance \ » Après tout, le grand apôtre, le grand témoin de Christ qui nous instruit et nous amène à lui, c'est l'Eglise \ et l'Eglise se compose de ce peu-
1 Pxdag., m, 12, 97.
^Strom., \[\, 3, 1. Dans ce passage les anciens sont opposés aux diacres comme revêtus de la plus haute charge; ils sont ,ionc assimilés en déhnitive aux évèques.
ccv-a-. p.aO-^Ta'.. {PaYlarj.^ i, 3, 17.) * Id., I, 3, 17.
^ El; Y? 0 ctBiaxaAcç y.x: ■:oj li^;zv,z; vS: t^u h.z^^u.hy, (ù^rojw.j 1, 1, 12.) i ■'"^t^'-'w- 1.
[iwuç cpfJojc , Y'.vvwsy.ojv ày.p'iw;. [kl., VII, 12, 77.)
I2Ï S.) '^^'''''- '^'^ ''•'"'• ° '''''^'^i'^'- ° H-2V0; 0'Zxzv.x/.,z. iPa:dag., !1I,
322 ÉSOTËRISME SCIENTIFIQUE.
• pic nouveau dans le cœur duquel la loi nouvelle a été gravée comme sur une table vivante '.
On opposera peut-être à cette notion si large du sacerdoce universel les singulières théories de Clément sur les mystères de la connaissance religieuse qui ne seraient révélés qu'à l'élite des vrais gnostiques. Mais les tempéraments qu'il apporte à cet ésotérismc, si opposé au véritable esprit de l'Evangile, lui enlèvent tout caractère sacerdotal. Au fond, il veut dire que le côté profond de la connaissance, la théologie scientifique n'est pas immédiatement accessible à tous ^. S'il demande qu'on enveloppe les plus hautes vérités dans un langage symbolique, c'est tantôt pour stimuler une pensée paresseuse , pour la provoquer et l'activer par l'attrait même du mystère'; tantôt pour dérober les choses saintes aux profanes, ne pas jeter les perles devant les pourceaux et ne pas aggraver la condamnation des impies '*. Clément s'appuie sur le caractère typique et parabolique de l'Ecriture '. Il n'a certainement pas tout à fait tort. Seulement la pente était dangereuse alors que toutes les traditions de la philosophie antique poussaient à l'aristocratie de l'intelligence. Il était aisé dans cette voie d'arriver à une sorte de sacerdoce doctrinal, qui aurait investi la science religieuse d'un privilège exorbitant. Clément réclame un guide, un catéchiste reconnu qui soit dans l'Eglise le maître de la
1 Pccdag., III, 12, 94,
^ Strom., 1,1,13.
3 "Iva 'C;r{-:r{z'.7.o\ •jT^ipyiù\).Vf . (Jd., Yi, l'ù, 12G.)
s Id,, \l, 15, 126.