LES CHOSES FINALES
coupe eucharistique est le symbole du salut. Ailleurs il déclare que c'est par la connaissance que l'on mange et boit le Verbe divin *.
La doctrine des choses finales n'est point développée dans son système; on n'y trouve pas vestige de millenium. Il admet une continuation du progrès dans la foi et dans l'amour au delà de la tombe, puisque le travail de purification se poursuit après la vie présente -.
Le rétablissement universel, bien que non formellement exprimé, est dans la logique d'une doctrine qui n'admet dans le châtiment que le côté miséricordieux de la guérison et du relèvement.
' Bpwst? vàp y.al r^ôaiq toO Gîîo'j hiyyj -q Yvôhîç èjT'. tt^; Gîta; oùaiac. {Strom., Y, 10, 67.) 2 Id., VI, 14, 109.
ClîAPîTlîE IV
SUITr. DE L LCOLIî D ALEXANDUîi; LE SYSTÈME D'0];iGÈ^E^
Jusqu'ici nous n'avons eu que des expositions fragmentaires de la doctrine chrétienne. Origcneest le premier théologien qui ait élaboré un système complet. Ce fut sa gloire et aussi son péril. Noble péril après tout, qui empêche le penseur chrétien d'en rester toujours aux idées isolées, en renonçant à saisir la pensée maîtresse d€ la révélation. Il n'y a de science sérieuse que celle qui vise à l'unité. S'il était défendu d'y tendre dans la sphère religieuse, pourquoi l'esprit humain y aspire-t-il spontanément? Sans doute il ne faut pas l'acheter au prix d'une mutilation arbitraire du problème et s'imaginer qu'on l'a atteinte parce qu'on a éliminé les idées réfractaircs qui ne se prêtent pas à une synthèse incomplète ou pré-
• A jiarl les livres déjà cilés nous indiquerons la belle monographie de Rcdepenning sur Origène [Origenes. Eine Darslellwuj seines Lebens und semer Lehere. 2 vol. IJonn, 1843). — Mes citations sont laites d'après la grande édition de Dclarue (4 tomes in-fol. Paris, 1733).