‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 248 sur 387 · G LA DOCTRINE D'ORIGÈNE FORME UN SYSTÈME · texte numérisé non relu

G LA DOCTRINE D'ORIGÈNE FORME UN SYSTÈME

malurée. Mais la théologie et la philosophie n'entrent vraiment dans le mouvement de la science que quand elles s'élèvent de l'état fragmentaire à l'état organique, quand elles ne recueillent pas seulement les matériaux de l'édifice, mais recherchent le plan qui lie toutes les parties. Alors seulement la science marche; les explications données révèlent tour à tour leur insuflBsance et stimulent l'esprit de recherche, tandis que la simple constatation des vérités particulières laisse l'esprit immobile et sans aiguillon. La tentative d'Origènc a donc une importance considérable dans l'histoire de la pensée chrétienne. Il a prétendu trouver dans l'Evangile l'explication universelle, c'est-à-dire la plus haute philosophie, sans rien sacrifier de son caractère propre. En effet il déclare hautement qu'il est un croyant, il reconnaît dès le début Tautorité des Ecritures et il se rattache explicitement à la foi universelle de l'Eglise de son temps. Mais cette foi il ne l'a point reçue passivement comme une tradition morte, elle est pour lui l'expérience du cœur et la conviction raisonnée de l'esprit. Voilà pourquoi il peut l'exposer à ses contemporains en lui donnant les proportions d'un système assez vaste et assez bien ordonné pour que le plus fier génie s'y trouve à l'aise. Et pourtant l'inspiration de toute cette philosophie qui ne le cède en hardiesse à aucune autre, est toujours l'amour humble et fervent de Jésus. La science chrétienne pour lui c'est la foi complète ou la gnose qui s'élève jusqu'à la contemplation directe de son objet, et remonte du Christ extérieur « connu selon la chair » au Verbe éternel. » Il a le tort

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