‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 25 sur 387 · POESIE ETRANGE DU SYSTEME · texte numérisé non relu

POESIE ETRANGE DU SYSTEME

toujours à la période de force, de santé, de jeunesse, revivait en d'ingénieux symboles et leur donnait un charme morbide. Il était à sa manière un grand poute lyrique, exprimant les douleurs de son temps dans la forme bizarre qui lui plaisait le plus. D'ailleurs, toute cette tristesse était facile à accepter, parce qu'elle ne conduisait pas à l'humilité et dispensait du repentir; elle laissait debout la grande idole du paganisme, je \eu\ dire Ihumanité qui se voyait déifiée sur les sommets dénudés de la métaphysique valentinienne comme elle l'avait été sur les cimes dorées de l'Olympe. L'homme apparaissait encore comme la réalisation la plus parfaite de la divinité ; la chute n'était que le passage nécessaire du divin au travers du fini; la rédemption ne réclamait ni repentir ni sacrifice, mais seulement le retour du fini à l'infini et surtout la connaissance de ce retour, c'est-à-dire la gnose. C'était donc encore le salut par la science. Le païen d'hier devait trouver qu'une telle réhabilitation était à bon marché et la préférer cent fois au renouvellement intérieur, au baptême d'eau et de feu qui commence par les pleurs pénitents et s'achève sous l'action consumante de l'esprit de sainteté. Il était plus commode en même temps qu'il semblait plus poétique de transporter dans les espaces infinis le drame rédempteur, que de lui donner pour théâtre notre terre de péché et pour acteurs de libres créatures morales appelées à mourir à elles-mêmes au pied de la croix.

Nous avons peu de détails sur Yalentin. D'après Epiphane, il serait natif de la côte d'Egypte ' et aurait

1 Epiphane, Contra, hœres., \, 3t.

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