L'ABSOLU N'EST QUE DANS LE PÈRE
ment matériel, car la matière est vouée au changement perpétuel^; il est Esprit, incomposé, simple, l'Un suprême, la monade^. Il ne saurait être désigné par aucun attribut ni par aucun nom^ Il n'est connu parfaitement que de lui seul. Son Verbe ne le connaît pas comme il se connaît : « Sa propre contemplation de lui-même est supérieure à celle du Fils^. » Ainsi l'absolu n'existe vraiment que dans la première personne de la Trinité ; même au point de vue de la connaissance , il n'a nul besoin de se manifester dans une seconde personne semblable à lui, puisqu'aucune manifestation ne saurait lui être adéquate; il demeure l'Un qu'on ne saurait ni nommer ni définir et qui perçoit seul le mystère entier de son être. La déité est complète dans le Père. Le Verbe et le Saint-Esprit ne sont nécessaires que pour la création, bien qu'ils soient élevés infiniment au-dessus d'elle. Sans la création la monade se suffirait à ellemême dans l'insondable profondeur de son essence. Voilà bien ce vieux levain de platonisme dont la théologie chrétienne de cet âge ne pouvait se débarrasser, en abordant la théodicée.
Origène relève avec prédilection l'immutabilité de Dieu. Rien ne peut le faire changer. C'est pourquoi on ne saurait parler de sa colère ou de son indigna-
» Ilav c;w[xa uX'.xcv I/ei çùaiv dtXXc.WTYiv /.al c'.' cXwv [7.STaéXr^TYjV. [In Joatin., tome XIII, 21, vol. IV, 231.)
2 « Intellectualis natura, simplex, sed ut sit ex omni parte [/ovàç, et ut itadieam, évâ^. » {De Princip., I, 1, 6.)
3 Contra Cels., lib. VII^ 38.
* T'^ sauTOu Oîojpta our/j \),i\(,oy. -ir,; àv uîw Ôswpia;. {In Joann., t. XXXII, 18, vol. IV, 449.) '