‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 251 sur 387 · IMMUTABILITÉ DU PÈRE · texte numérisé non relu

IMMUTABILITÉ DU PÈRE

tion ^ La justice et l'amour sont indissolublement unis en lui. Il ne se venge pas quand il condamne et la miséricorde se retrouve dans sa sévérité. Toutes les expressions de l'Ecriture qui ne cadrent pas avec cette immutabilité de son essence sont de purs anthropomorpliismes^. Remarquons que l'amour ici est plutôt présenté comme la garantie de l'immutabilité de Dieu que comme le fond de son être ; il est plutôt l'attribut que la substance.

C'est également au nom de cette immutabilité qu'Origène déclare que la création n'a pas eu de commencement et n'aura pas de fin. On ne saurait supposer que la bonté de Dieu puisse être jamais inactive ; car ce serait introduire le changement dans la vie divine. Elle a donc eu toujours un objet sur lequel se répandre et cet objet elle l'a toujours produit pour son bien. La création est donc un acte éternel de l'amour divin. Nous arrivons à cette conséquence que comme la volonté et la puissance sont éternelles en Dieu, il ne convient pas d'admettre qu'il y ait eu une cause quelconque qui l'ait empêché de toujours produire le bien qu'il voulait. De même qu'il ne saurait être père s'il n'a pas de fils, ni dominateur s'il n'a rien à dominer, on ne saurait l'appeler tout-puissant s'il n'a pas à exercer sa toutepuissance. « Puisque Dieu se montre vraiment à nous comme le Tout-Puissantj il est nécessaire que l'univers existe ^ » S'il n'avait pas toujours produit l'univers, il

» ^k\rfi(ùz cjy. cpY^î'a- (^« Jerem. Homil., 18^ 6, vol. III, 249.) 8 In Gènes. Homil., III, 2, vol. II, 67.

' « Ideo ut omnipotens ostendatur Deus, omnia subsistere necesse est. » (De Princip., l, 2, 10, vol. I, 37.)

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