J LA TRINITÉ D'ORIGÈNE
dans son rapport avec l'immutabilité divine, en tant qu'il appartient à la théodicée. Nous considérerons plus tard la création en elle-même dans ses phases diverses. La doctrine de la Trinité chez Origène reçoit son vrai caractère de cette conception de l'origine du monde. Sans doute le Verbe est la splendeur de la lumière incréée, son éternel rayonnement, il en est inséparable et dans ce sens on ne saurait comprendre le Père sans le Fils. « Nous reconnaissons que Dieu a toujours été le Père de son Fils unique engendré de lui; tirant de lui tout ce qu'il est, n'ayant pas de commencement * . » Cependant n'ayons garde d'oublier que Dieu se connaît lui-même mieux qu'il n'est connu du Fils et qu'en conséquence l'absolu est bien décidément unique. Dieu a en luimême une gloire plus grande que dans le Fils. En effet en se contemplant lui-même, il l'emporte sur le Fils dans la connaissance qu'il a de son être -. Si le Père ne peut se séparer du Fils, c'est qu'il ne peut demeurer sans créer, sous peine de perdre son immutabilité. Yoilà la grande contradiction du système; la création est d'une part la garantie de l'immutabilité divine et d'une autre part sa nécessité porte atteinte à l'absolu qui est lié à l'existence contingente. Qu'est-ce que le Verbe en réalité sinon l'idée éternelle des êtres multiples? Dieu est la monade absolument simple ; le Verbe est la personnification, l'hypostase de la raison divine en tant qu'elle s'applique au multiple, le principe de tout développement , le lien des parties qui composent le tout
* « Sine initio. » (De Pnncip., I, 2, 2, vol. I, 54. 2 /«Jûan?2., XXXII, 18.