LE VERBE EST L'IDÉE DIVINE DE LA CRÉATION
de l'univers, l'unité de toutes les idées '. La parole, qui est un composé de diverses propositions unies entre elles, représente parfaitement la nature du Verbe-. Il est l'archétype des images multiples, le prototype de la vérité répandue dans les âmes raisonnables dont l'image est imprimée dans leur pensée, l'idée centrale et primordiale enfermant en lui toutes les idées particulières ^.
Le rapport entre le Fils et la création ressort avec évidence de ces expressions, il est aussi marqué chez Origène que chez Justin, Athénagore et Tertullien. 11 est vrai qu'il admet en outre l'éternelle préexistence du Verbe, mais comme la création elle-même n'a pas de commencement , cela ne détruit en rien la corrélation essentielle entre le Fils de Dieu et le monde. On pourrait être tenté après cela d'identifier la doctrine d'Origène avec celle de Philon ou du néo-platonisme et de voir uniquement dans le Verbe une idée impersonnelle, le symbole de l'éternelle création, et d'effacer ainsi toute distinction réelle entre lui et le monde. Ce serait une erreur. Si l'on ne peut nier que le Verbe d'Origène n'ait une existence distincte du Père qu'en vue de la création, on n'en doit pas moins reconnaître qu'il ne se confond point avec elle. Lui seul est l'image complète, adéquate du Père; aucune créature , pas même
1 Sùaxaaiç tyjç irepi twv oXwv 6î(upia; y.at vo'^;/â-îwv. {fn Joann., tome I, 22, vol. IV, 20.) '0 ôsbç \ik^ oùv è'v èaTi xai àxXouv, 6 cwr^ip
2 In Joann., t. V, fragm., vol. IV, 96.
' ""k^yivjTZOC, ctxwv 7:Xet6vcov siy.ovtov. [In Joann., t. II, 2, vol. iV, 51.)