SUBORDINATION TRANCHÉE DU FILS AU PÈRE
celle qui est placée au sommet de la hiérarchie de l'être, ne peut revendiquer comme lui la filiation divine. Il n'est pas en dehors de Dieu , mais en Dieu luimême ^ Il a reçu la pleine communication de la gloire , de la puissance , de la science du premier principe ; il ne participe pas seulement à la sagesse , à la vérité, à la raison, mais il est la sagesse même, la vérité même et la raison même ^. La seule différence entre lui et le Père, c'est que la connaissance de Dieu est primordiale , tandis que celle du Fils est dérivée. Dieu produit ce qu'il connaît. Sa toute-science n'est qu'un autre nom de sa toute-puissance. Pour lui, prévoir ou prédéterminer c'est poser le principe de l'événement futur, qu'il fait d'ailleurs dépendre de la liberté de ses créatures ^. Il ne connaît pas les choses seulement par son savoir et sa sagesse, mais il les tient sous sa puissance'*.
Dieu seul connaît toutes choses et se connaît pleinement lui-même, bien mieux que le Fils ne saurait le faire; car le Yerbe n'a du Père qu'une connaissance dérivée et passive. Aussi lui est-il entièrement subordonné. Il n'est pas le Dieu absolu, mais simplement Dieu ; il n'a pas l'existence immuable qui n'appartient qu'à la monade suprême. « Dieu seul est Dieu par lui-
t Contra Cels. I, 57 ; VIII, 12.
2 Xi)-ozcdx, aÙTcaArjOs'.a, xj-éhz^;o:. (Id., III, 41.)
3 « Quod autem prsefinit, praefiiiit principium preeflniendi faciens. » (^Comment. Séries in Matth., 53, vol. III, 874.)
* « Sin autem comprehensionem eam dicimus, ut non solum sensu quis et sapientia comprehendat, sed et -virtute et potenlia cuncta teueat qui cognovit, non possumus dicere, quod comprehendat Filius Patrem, Pater vero omnia coinprehendit. » [De Princip., IV, 35.)