IL N'EST PAS LE DIEU ABSOLU
même * . Aussi le Sauveur dit-il dans sa prière : « Qu'ils te connaissent « comme le seul vrai Dieu. » L'être donc qui n'est pas Dieu par lui-même participe à sa divinité, il est fait Dieu, il n'est pas le Dieu avec un article, mais simplement Dieu sans article^, le premier-né de toute créature qui l'emporte sur tous les dieux. Il ne conserve sa divinité que parce qu'il demeure dans la contemplation du Père. Il s'ensuit qu'il n'est pas le Lien essentiel, simple, sans variation : il ne possède pas l'immutabilité. Le Père est au-dessus de lui comme lui-même est audessus des autres êtres. Cette infériorité a rendu possible son abaissement pour le salut du monde ; c'est parce qu'il n'est pas l'être immuable qu'il a pu descendre dans la sphère du changement et de la mort ^ Mais cette subordination si tranchée n'enlève rien à sa nature divine. Il se distingue de tous les êtres créés, d'abord parce qu'il n'a pas été créé mais engendré éternellement par le Père ; il est né de sa volonté. Cette volonté est le germe éternel du Verbe "*. Il n'est donc pas le produit d'une émanation, mais d'un acte moral qui concentre toute l'énergie divine et en est la pleine manifestation , car le Dieu libre est essentiellement volonté. Aussi le Fils est-il de la même essence que le Père ^; il lui demeure intimement uni dans l'amour;
» 'AuTÔÔeo; ô 6sbç hv.. (In Joann., II, 2. Gomp. De Princip., l, 2, 13.)
2 0cOTCOto6{;i.£Vov, où/ 6 6îbç, àWi Osoç. {Id.)
8 In Joann., t. II, 21 .
* « Velut queedam voluntas ejus ex mente procedens. » (De Princip. h 2, 6.)
■^ « Gommunionem substantiae, ô\f.ooù(j[Oq videtur. » (Fraym. in Hebrxos, vol, IV, 699.)