C IL EST NÉANMOINS LE FILS ÉTERNEL
les deux volontés n'en font qu'une ^ En second lieu il n'est pas seulement au-dessus de la création, il en est le principe. C'est lui qui a appelé tous les êtres à l'existence, communiquant la vie supérieure à tous ceux qui sont doués de raison et de liberté et apportant partout l'ordre et l'harmonie ^. Enfin il possède le bien par essence et ne peut le perdre, tandis que la créature ne le possède pas substantiellement, mais à la suite d'une détermination morale ; elle peut donc le perdre \ Ainsi nous sommes bien loin du Verbe abstrait du platonisme qui n'est que la virtualité du monde. Nous sommes en présence d'une hypostase vivante % cause active et créatrice qui, à la place subordonnée qu'elle occupe vis-à-vis de l'absolu, n'en est pas moins à une distance infinie des êtres créés. La puissance du sentiment chrétien a été plus forte chez Origène que la simple dialectique qui l'eût certainement poussé à abaisser la barrière entre le Verbe et la création, car en définitive au point de vue strictement métaphysique son Verbe est plutôt l'idée de la création qu'il n'est la révélation du Père. Mais personne n'a le droit de pousser une doctrine au delà du point où elle s'arrête, en tenant compte des éléments qui échappent à la logique pure. Origène est un philosophe chrétien et il ne se meut pas unique-
jXaTC;. {Contra Cels., VIII, 12. Comp. In Joann., XIII, 36.)
" 'A'JTO'jpYbv xzj y.d7[j,c'j. [Contra Cels., VI, 60.)
' « Immaculatum autem esse praeter Patrem et Filium et Spiritum Sanctum, nuUi substantialiter inest,sed sanctitas in omni creatura accidens res est. » (De Princtp., 1, 5, 5.)
* '\r.icxy.ijVi i^axrav. (/« Joann., \, 39.)