‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 258 sur 387 · SUBORDINATION PLUS GRANDE DU SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

SUBORDINATION PLUS GRANDE DU SAINT-ESPRIT

ment dans le domaine de l'abstraction. Il doit faire rentrer dans sa synthèse les grands faits religieux qu'il s'est assimilés par le cœur et la conscience, et c'est pourquoi il est obligé de l'élargir singulièrement.

La doctrine du Saint-Esprit a reçu peu de développements d'Origène. Il admet très-positivement la troisième personne divine ; il la fait dériver du Fils et par conséquent accuse sa subordination d'une façon encore plus tranchée '. Le Saint-Esprit est nommé la première des créatures, puisqu'il est produit par le Verbe, porteur en quelque sorte de l'action créatrice ^ Cependant il se distingue du monde en ce qu'il participe lui aussi à la vie divine. Il est la personnification et Thypostase de la sainteté comme le Verbe est celle de la raison. Tandis que le Fils règne sur tous les êtres raisonnables, le Saint-Esprit règne sur les saints. Il est le centre ou le foyer des dons spirituels , l'unité morale de la religion ^. Nous avons ainsi trois domaines du divin : l'univers qui appartient au Père , les êtres raisonnables qui dépendent du Fils et les âmes saintes qui sont en communication avec l'Esprit. Les deux règnes du Fils et de l'Esprit rentrent évidemment dans celui du Père, qui seul a la domination éternelle, car comme tout sort de lui, tout revient à lui. On voit que la Trinité d'Origène, bien que nettement formulée par lui*, est encore

1 'EXâTTWv zpoq Tov TCaiépa 6 uîoç, exi os r^TTOV xo ':rv£Îj[j,a. (Dp Princip., l, îi, 5.)

2 Tâ^ct Tl[J,ia)T£pOV TtiVTWV TU)V UTïb 10U TCâTpOÇ Olà XpiCTOy •^Z'iG-

jJLévuiv. {In Joann., II, 6^ vol. IV^ 61.) ' De Princip., I, 3, 5.

* « Illa vero substantia Trinitatis quse principium est et causa om-

très-loiu de celle d'Athanase et qu'elle porte bien l'empreinte de son temps. Il lui conserve néanmoins sou incomparable grandeur. « La Trinité dépasse toute intelligence temporelle ou éternelle , car tout ce qui n'est pas la Trinité doit être mesuré au point de vue du temps*. >»

^' 11. — La création et la chute.

Le Verbe engendré éternellement produit sans relâche l'existence multiple qui est en lui a l'état d'idée avant qu'il la tire du néant. Cette divine pensée ne comprend que le bien, car le mal est un accident et un non-être qui ne saurait pas plus être pensé, qu'enfanté par Dieu. Le Verbe crée les purs esprits qui sont destinés à participer par lui à la raison éternelle et à s'unir à lui comme il est uni au Père. Ils sont tous de la même substance divine. » Tout esprit qui participe à la lumière spirituelle est évidemment de la même nature que tout autre esprit qui participe à la même lumière. Dieu et tous les esprits sont donc de la même substance ^. » Seulement aucun d'eux ne possède le bien par essence, ils doivent le conquérir par leurs déterminations morales et par conséquent ils peuvent le perdre, selon cet axiome fondamental : « Toute créature rationnelle est susceptible du bien et du mal. Sa

nium, ex qua omnia et per quam omriia. » [De Princip., W, 26.)

1 « Caetera quae sunt extra Trinitatem in saeculis et temporibus metienda sunt.» (De Princip., lY, 28.)

2 « Ex quo concluditur Deum et haec quodararaodo uni us esse substaûtiae. » {Id., IV, 36.)

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