‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 259 sur 387 · LES CRÉATURES MORALES · texte numérisé non relu

LES CRÉATURES MORALES

destinée dépend non de sa condition première, mais de son mérite'. » Tout dépend de la liberté. Arrêtonsnous sur ce point capital du système d'Origène ; c'est le vrai pivot autour duquel il tourne tout entier.

Origène a consacré une grande partie du troisième livre de son Traité des principes à cette question, réfutant avec un soin extrême toutes les objections, surtout celles empruntées aux textes sacrés. Cette démonstration était très-nécessaire, alors que l'opposition au christianisme prenait surtout la forme du fatalisme panthéiste. La prédestination absolue était l'article fondamental du gnosticisme et la pâture de l'orgueil insensé par lequel il s'élevait au-dessus de tous les êtres voués selon lui par nature à la vie inférieure.

Parmi les êtres qui se meuvent, les uns ont en euxmêmes leur mobile, les autres sont mus du dehors. La pierre et le bois appartiennent à la seconde catégorie. L'animal a en lui-même le ressort qui le fait mouvoir, ressort qui n'est pas seulement mécanique, puisqu'il est accompagné d'instinct. L'être raisonnable ajoute à ces mobiles naturels la puissance de la raison par laquelle il peut discerner entre ces mobiles, rejeter les uns et accepter les autres ^. Il a en outre la faculté de choisir le bien ; aussi est- il responsable du mal qu'il commet. Il n'est pas vrai que l'être libre soit la proie des excitations du dehors. Il peut conserver la chas-

1 (( Omnis creatura rationabilis laudis et culpag capax. » [De Princip., \, 5, 2.) « Ex meiito non per conditionis praerogativain. » (De Princip., I, b, 2.)

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