‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 269 sur 387 · LA CHUTE A EU DES DEGRÉS DIVERS DANS L'HUMANITÉ · texte numérisé non relu

LA CHUTE A EU DES DEGRÉS DIVERS DANS L'HUMANITÉ

que tous les membres de l'humanité aient une nature semblable, et qu'ils soient tombés de la môme manière, les différences qui apparaissent au sein de la race nous prouvent qu'il y a eu des degrés dans cette chute universelle. Des actes libres accomplis avant l'histoire ont présidé à la dispersion des peuples et à la situation de chacun d'eux comme aussi aux inégalités entre les individus'. Car le péché originel n'est point collectif. Il a été commis par tous ceux qui eu subissent les conséquences et ces conséquences sont en exacte proportion avec le plus ou moins de gravité de la faute ". Le caractère lui-même n'est point une fatalité de nature ; c'est une semence morale apportée de la région supérieure d'où nous sommes tombés. Cette semence est le résultat de notre \ie antérieure, elle peut être étouffée et développée selon ce que nous ferons ici-bas. Parlant de la filiation d'Abraham, Origène donne à entendre que ceux qui peuvent s'en réclamer ont apporté d'uue vie antérieure une noblesse morale : « Tous les hommes, dit-il, ne sont pas venus dans cette vie humaine avec les germes du Verbe imprimés dans leurs âmes ^ »

Nous avons vu que le libre arbitre conserve tout

1 « In initio mundi ita dispersi sunt filii illius Adam sicut illorum mérita postulabant. » {In Numer. Homil., 28, 4, vol. II, 385.)

2 C'est ce qui ressort du curieux passage où Origène retrouve dans la division des animaux purs et impurs le symbole de la diversité des situations morales parmi les hommes, qui procède, non d'une fatalité de nature, mais des déterminations de la volonté. [In Levitic. Homil., VII, 7, vol. II, 227.)

£Y*/-3tTaj7:ap£v:ojv ajTwv 'zxXq t!/'j)^aT; tw [iio) twv àvGpwTïwv £T;tO£- §Y][/.'ifiy.a7i. {In Joann., l. XX, 2, vol. IV, 308.)

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