‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 270 sur 387 · LE GERME DU VERBE SUBSISTE DANS L'HOMME · texte numérisé non relu

LE GERME DU VERBE SUBSISTE DANS L'HOMME

son pouvoir même dans ce monde de la déchéance. Cependant Origèue reconnaît qu'une fois descendus par notre faute sur la terre, nous faisons partie d'un ensemble qui agit sur nous en bien ou en mal. Il ne nous est pas possible de nous y soustraire prématurément. C'est ce qui ressort de la doctrine delà rédemption et de celle du rétablissement final qui ne se plie pas à un individualisme absolu. La notion de solidarité apparaît, bien que trop faiblement accusée, dans le système d'Origène. Il admet l'influence des^iarents sur les enfants et reconnaît la transmission du mal non-seulement par l'hérédité naturelle mais encore par l'exemple '.

Considérons de plus près l'homme tel qu'il nous apparaît dans sa condition actuelle. Quoique déchu, il n'en conserve pas moins en lui une étincelle divine. Le Yerbe sommeille en lui comme Jésus dans la barque ballottée par la tempête^. Cet être tombé peut devenir semblable aux anges et à Dieu lui-même^. Il s'élève ainsi de la simple ressemblance aune conformité complète au type divin. Le germe du Yerbe en lui est sa conscience qui est comme un sixième sens, le sens du divin \ inhérent à son âme supérieure. L'organisme corporel qui, dans sa forme actuelle, est le châtiment de sa révolte antérieure est mû par une seconde âme; celle-ci est

' « Omnes qui in hoc mundo nascuntur non solurn nutriuntur a parentibus, sed et imbuuntur et non solum sunt filii peccatorum, sed et discipuli. » {In Rom., lib. V, 2, voL lY, 553.

2 « Adhuc in infidelibus sermo dormitat. » [In Cantic. Homil., l\, 9, vol. III, 21.)

3 In Leva. Homil. ,i'K, 11, vol. II, 244. Ir.i'JOtà^LV/ vsvécOa'. OcC'!.(/« Joann., t. XX, 23, vol. IV, 347.)

* « Sensum divinum. » {In Cantic, I, vol. 111,42, 43.)

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