‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 27 sur 387 · SYSTÈME DE VALENTIN · texte numérisé non relu

SYSTÈME DE VALENTIN

proprement dualiste, puisque son grand effort est de montrer par quelle dégénérescence la matière procède du premier principe; aussi se montre-t-elle assez modérée dans son appréciation du judaïsme et de son Dieu, et par conséquent dans le jugement qu'elle porte sur la création. Elle est plus platonicienne qu'aristotélicienne, car elle donne une grande importance au monde idéal; l'histoire humaine avant de se produire dans notre monde de boue et d'obscurité s'est déroulée dans la haute sphère des idées. La tragédie de l'existence se joue en trois actes : d'abord dans la sphère supérieure qui s'appelle le Plérome^ puis dans la région intermédiaire, et enfin sur la terre. C'est au fond le même drame, puisqu'il s'agit toujours du trouble qui est produit dans l'univers par l'aspiration du fini vers l'infini, trouble qui se fond dans l'harmonie universelle dont la science est l'agent souverain; c'est la gnose qui révèle à chaque être son rang et sa destinée. L'originalité de la doctrine valentinienne est d'avoir peint avec une éloquence passionnée l'angoisse, l'aspiration ardente des êtres séparés de leur principe absolu et d'avoir ainsi rapproché le plus possible la théosophie panthéiste de la notion de la rédemption , sans toutefois jamais l'atteindre. On est étonné de voir un système, idéaliste au point de départ, subir l'influence des mytliologies les plus grossières de l'Orient, au point de lenr emprunter

core ici apporté la lumière définitive avec une pr&ision qui ne laisse rien à désirer. Naturellement^ les expositions du système valentinien qui n'ont pu profiter de cette source incomparable sont désormais insuffisantes^ bien qu'il y ait beaucoup à profiter de cflles de Néander et de Baur dans les ouvrasses cités.

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