‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 271 sur 387 · IL EST ESPRIT, AME ET CORPS · texte numérisé non relu

IL EST ESPRIT, AME ET CORPS

expressément distinguée de la partie supérieure de notre êlre qui est l'esprit*. C'est une âme physique en quelque sorte. Dans notre condition présente, le corps est lié à sa partie spirituelle sans pouvoir en être séparé. Il n'est donc j)as mauvais en lui-même, bien qu'il procède de la chute; les appétits ne sont coupables que s'ils nous entraînent au mal ^. L'âme supérieure ou l'esprit doit les régler ou les dominer, car elle est capable d'agir sur l'âme inférieure. Tout dépend des résolutions du libre arbitre qui peut triompher de la tentation. Origène n'a fait que reproduire la triple division psychologique de saint Paul : 1° l'âme supérieure qui s'appelle l'esprit; 2° l'âme physique; 3° le corps ^

L'homme, par la gravité de sou péché, est tombé sous l'empire de Satan et a introduit le mal dans la région qu'il habite \ Il aurait pu en triompher même depuis sa déchéance, mais le pouvoir des démons est devenu terrible sur lui; il n'a fait que grandir par sa faute, si bien qu'il ne saurait plus leur résister ^ ; il est perdu s'il ne reçoit un secours extraordinaire^. Ce secours surnaturel, c'est la rédemption.

1 «Anima dici potest sensibilis et mobilis. » (De Princip., \\, 8, 1.) « Alla sunt quae sub animfe nomine et alla quae sub Spiritus nomine deputantur. » [Id., \\, %,k.]

2 Oûs'.ç cw;j.a-oç cj [j.'.afa. {Contra Cels., III, 49.)

3 « Spiritus, anima, corpus, » [In Exod. Homil., III, 3, vol. II, 137.) * Contra Cels., VU, 28.

aiwvoç TCUTO'J. {De Oraiione, 25.)

6 In Rom., lib. V, 1, vol. IV, 530, 551.)

5 III. — De la rédemption.

Le Verbe remplit le rôle principal dans l'œuvre rédemptrice qui n'est que le rétablissement du plan de la création pour les esprits déchus. E!le tend à les ramener à la vie divine, à cette consommation en Dieu qui les dégage de la lourde enveloppe sous laquelle ils sont opprimés actuellement. Le Verbe n'a pas cessé d'y travailler ; sa miséricorde est plus puissante que le mal qui nous perd; il est capable de ramener la liberté égarée. Il porte en lui la vie divine et il peut la rendre à ceux qui en sont destitués par leur faute '. L'œuvre rédemptrice s'est poursuivie sans relâche sur la terre depuis la chute. La loi, destinée à arrêter l'essor du péché et à révéler la justice divine, est une première manifestation du Verbe. Il est venu ensuite dans la personne des prophètes éclairer de clartés plus vives nos ténèbres morales ^. Ainsi se démontre l'unité entre les deux Testaments si constamment niée par la gnose ^. On cherche en vain à opposer l'ancienne alliance à la nouvelle, comme la justice à l'amour. Ces deux attributs divins s'unissent entièrement. « Si la bonté est une vertu et une justice, incontestablement la justice est aussi bonté *. » Il en résulte que le Dieu de la loi ne se distingue pas de celui de l'Evangile.

Le Verbe ne s'est pas seulement révélé par les ora-

1 De Princip., I, 2, 4.

' « Per legem i)uriticatio pecatorum cœpit operiri. Mittuntur in auxilium legis prophetse. » {In Epist. ad Rom., lib. V, Y, vol. IV, 550.)

3 « Unus atque idemDeus legis et Evangeliorum.» [De Princip. ,11, 4,2.)

* « Ergo si bonum virtus et juslilia virtus est, sine dubio justitia bonitas est. {Id., II, 5, 3.)

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