‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 273 sur 387 · L'AME HUMAINE DE JÉSUS SEULE UNIE AU CORPS · texte numérisé non relu

L'AME HUMAINE DE JÉSUS SEULE UNIE AU CORPS

d'Origène. Chrétien sincère et convaincu, il acceptait cette doctrine centrale de l'Evangile et croyait fermement que le Fils deDieu s'était abaissé et qu'il avait revêtu notre nature infime pour la relever et la sauver. Il s'exprime avec une éloquence émue sur ce grand acte d'amour. «Le Sauveur s'est anéanti, dit-il, par amour pour l'humanité '. » Voilà bien le langage du sentiment chrétien. La spéculation vient bientôt tout compliquer. Origène est un dialecticien trop consommé pour qail sacrifie les principes fondamentaux de son système. Or, le premier de ces principes est l'immutabilité delà vie divine. 11 n'est donc pas admissible que le Verbe subisse quelque amoindrissement; il ne saurait ni souffrir, ni mourir. D'un autre côté le corps humain est la conséquence du péché, il n'est pas simplement la matière créée de Dieu et qui en elle-même n'a rien de mauvais; il est cette même matière épaissie en quelque sorte par suite des déterminations mauvaises de l'esprit qu'elle enferme comme sa prison méritée. Le Verbe ne peut donc pas revêtir directement cette corporalité grossière. Il a beau être conçu de l'Esprit, la formation même du corps humain est le résultat du péché préexistant. Comment concilier le dogme de l'incarnation avec ce déshonneur irrémédiable de la vie corporelle? Origène cherche une échappatoire dans sa singulière doctrine de l'âme humaine du Christ. Le Verbe ne pouvant pas s'unir directement au corps, s'unira à une âme humaioe qui, elle, n'aura aucune difficulté à s'enfermer dans une

1 Atà (ftXaOpwTîiav eauTOV h.iviiizvK [Contra Cels. ,IY, 15.)'

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