‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 275 sur 387 · IMPERFECTION DE CETTE THÉORIE · texte numérisé non relu

IMPERFECTION DE CETTE THÉORIE

breuses. Tout d'abord elle détruit la réalité de l'union réelle du Verbe avec la nature humaine. En c ffet, cette âme qui n'a jamais péché n'est pas une âme d'homme dans les données générales du système dOrigène. L'humanité, nous l'avons vu, est un degré spécial de l'existence qui correspond à un état moral déterminé, et cet état moral est caractérisé par le péché. L'homme n'a pas été créé directement de Dieu pas plus que l'ange ou le démon. Il est né esprit pur comme toutes les créatures morales et il est devenu homme par suite de la détermination morale qui a fixé sa place dans l'échelle des êtres. Donc cette âme parfaitement sainte à laquelle le Verbe s'est uni n'est pas une âme humaine, elle n'appartient pas au groupe des enfants d'Adam. Ensuite on ne comprend pas comment elle peut s'unir au corps qui, sans être souillé lui-même, est pourtant la forme inséparable du péché. Si elle le peut en tant qu'elle est capable de changement, elle ne le peut pas en tant qu'elle possède la parfaite sainteté. Il est évident que l'incarnation de Jésus, telle que la comprend Origène, ressemble fort peu à ce qu'elle est dans l'Evangile. L'unité de la personne n'est pas moins gravement compromise que l'union réelle avec l'humanité ; nous tombons dans un dualisme absolu. Origène, comparant le sacrifice de la croix au sacrifice d'Abraham, identifie le Verbe, c'est-à-dire la nature divine du Rédempteur, au sacrifiant, tandis qu'Isaac ou la victime représente la nature humaine de Jésus * . L'homme seul est mort au

1 « Ideo ipse et hostia et pontifex. Patitur in carne cujus aries forma est. » {In Gènes., lib. VIII, vol. II, 83.)

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