IMPERFECTION DE CETTE THÉORIE
Calvaire ; le Yerbe a conservé la plénitude de la vie divine ' . Le fer rougi au feu symbolise Faction de la nature divine sur la nature humaine qui a été toute pénétrée du feu divin-. Le Verbe en Jésus est comme une statue réduite qui conserve toute sa symétrie et la beauté des formes. Son humanité n'est pas autre chose que le piédestal de la statue divine destiné à la rapprocher de nos yeux ^. Dans une telle conception, la nature humaine n'est point destinée à une glorification éternelle; elle est une forme transitoire destinée à s'évanouir. Le Sauveur a été homme, mais il ne l'est plus^. Comment en serait-il autrement, puisque la consommation de l'histoire sera un retour à son point de départ, qui est l'unité des esprits en Dieu? Jésus lui-même rentrera donc dans cette unité; il rejette son humanité comme la chrysalide, au moyen de laquelle il a préparé le plein développement des fils d'Adam pour le glorieux jour où, redevenus purs esprits, ils déploieront leurs ailes dans les régions lumineuses. Par ce côté, le système d'Origène est entaché d'un docétisme subtil. S'il admet la réalité du corps, c'est conformément à ses idées sur la matière qui, d'après lui, est essentiellement mobile et changeante. Aussi n'hésitait-il pas à reconnaître que le corps de Jésus a pu revêtir des forryes diverses^. L'incarnation, telle qu'il
* 'ATcéOavîv ô àvGpw::oç- oùy. à7is9avsv ô ôsb; ^oyoç. {In Joann. , 28, 14, vol. IV, 392.) Gomp. kl., 6, 35, vol. IV, 152.J
2 De Princip., II, 6, 6,
3 Id.,\, 2, 8.
* El y.at rjV àvGpojzoç, àXXà vDv c'j$a[j.ci)^ èa-tv à'vOpwTCOÇ. [In Jerem. Homil., XV, 6, vol. III, 226.)
s Contra Cels., IV, 16.