‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 282 sur 387 · LE DIABLE A ETE DEÇU PAR LA SAINTETE DE JESUS · texte numérisé non relu

LE DIABLE A ETE DEÇU PAR LA SAINTETE DE JESUS

cifixioii*. La nature divine n'a subi aucune atteinte de la douleur et de la mort. JNous avons vu en effet que le Verbe au Calvaire a immolé Tàme humaine à laquelle il s'était uni, comme le grand prêtre immole la victime. Le cri de Jésus mourant : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? rappelle le dernier degré de son humiliation et non la colère du Père auquel il a remis son divin esprit ^ Puisqu'il l'a remis au Père, il ne faisait point partie de la rançon payée au diable. C'est donc son ànie humaine seule qu'il a livrée, « car la divinité ne saurait être donnée en rançon ^ ; » et cette àme, toute abandonnée qu'elle fut, s'est trouvée plus forte que notre adversaire car elle a triomphé dans le sombre empire de la mort comme sur la terre, où elle a affranchi la race d'Adam *. Ainsi le diable qui s'était imaginé devenir le maître du Rédempteur a été déçu, il n'a pas même retenu la rançon qui lui était payée, comme le prouve la résurrection. 11 a perdu tout droit sur l'humanité en même temps que son pouvoir a été brisé par le Christ vainqueur. Le roi légitime a vaincu le tyran jusque dans son royaume; il a brisé son pouvoir.

Si nous nous demandons de quelle manière les souffrances de l'âme humaine de Jésus ont remporté cette victoire décisive , nous reconnaîtrons que c'est par la sainteté qu'elles révèlent. Sans doute la douleur et la mort sont une sorte de reconnaissance et d'acquittement du droit que nos péchés ont constitué au démon,

i Xwpt; OeoD. [In Joann., XXVII, 14, vol. IV, 393.) * In Mattli. Comment., XVI, 8, vol. III, 720.

' Tyjv ôeor^Ta \j:(]o' av CîOuvajOat Xutpov SoGvjva'.. [In Maltli., XVI, 8, vol. III, 727.) - * In Rom., V, 10, vol. IV, 567.

Page 1