‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 283 sur 387 · LA SAINTETÉ CHRÉTIENNE EST TOUJOURS RÉDEMPTRICE · texte numérisé non relu

LA SAINTETÉ CHRÉTIENNE EST TOUJOURS RÉDEMPTRICE

mais ce payement de notre dette n'aboutirait pas à notre délivrance, si une force morale toute-puissante ne se manifestait au travers même des douleurs de celui qui s'est fait semblable à nous. Cela est si vrai que, quand cette sainteté se retrouve même imparfaite , comme dans le martyre, elle révèle la même vertu et contribue à briser le pouvoir de Satan * . La croix est le martyre à sa plus haute puissance, comme le martyre est la crucifixion continuée. « De même que ceux qui, selon la loi mosaïque, arrosaient l'autel du sang des taureaux et des boucs, étaient appelés à dispenser au nom de Dieu la rémission des péchés, de même l'âme des chrétiens immolés pour Jésus n'assiste pas en vain devant l'autel céleste, mais transmet aussi le pardon aux hommes qui le demandent. Nous savons en effet que comme notre grand prêtre Jésus-Christ s'est livré luimême en offrande, ainsi les prêtres qui sont sous sa dépendance se donnent aussi eux-mêmes en offrande et appartiennent vraiment au sanctuaire. Quel est le prêtre sans reproche qui offre un sacrifice pur, si ce n'est celui qui a persévéré dans la confession de son maître et s'est montré un véritable et complet martyr*? » « Nous devons croire , lisons-nous ailleurs, que les puissances du mal sont vaincues par la mort des martyrs; leur fidélité, leur persévérance jusqu'au sang et l'ar-

1 Ad Martyr., 31.

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LA CROIX A COiNSOMMÉ NOTRE SALUT. 375

deur de leur piété ont affaibli l'empire du mal, non-seulement pour eux mais pour toute l'humanité. En écrasant un serpent, on ne se délivre pas seulement soimême d'un grand péril, mais on en délivre aussi les autres. Que devons-nous donc penser de l'agneau de Dieu qui a été immolé pour ôter, non le péché de quelques-uns, mais celui du monde, pour lequel il a souffert ' ? » On le voit, c'est bien le caractère moral de ce sacrifice qui en fait la principale valeur; il a porté à la plus haute puissance ces mêmes vertus qui, quoique incomplètes , agissent victorieusement dans la sainte mort des confesseurs. Voilà pourquoi la souffrance du Christ, tout en étant une rançon offerte au diable, est un sacrifice de sainteté offert à Dieu. Elle nous enseigne l'obéissance et elle rachète le péché.

C'est de ce sacrifice considéré dans sa totalité, c'està-dire non-seulement comme rançon au démon mais comme accomplissement de la volonté du Père, qu'Origène parle en termes magnifiques. 11 y voit la réalisation de tous les types de l'Ancien Testament, de tous ces rites sanglants auxquels on attribuait l'expiation et la guérison du péché ^. Jésus est le véritable agneau de Dieu dont le sang sauve et purifie. Il a pris sur lui toutes nos misères, toutes nos souffrances, toutes nos hontes; il s'est comme revêtu de nos vêtements souillés. Il a été fait péché, en prenant un corps semblable au nôtre ^

> In Joann., VI, 36, 37.

* « In ipsum omnis hostia recapilulatur, in taïUuin ut, postquam ipse oblatus est, ornnes hoslise cessaverint, quae euin in fypo et umbra prsecesserant. » [In Levitic. Homil., \\\, 5, vol. Il, 196.)

3 « Peccatnm quidem non fecit, peccatum tamen pro nobis factus est

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