‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 285 sur 387 · ACTION UNIVERSELLE DU CHRIST GLORIFIE · texte numérisé non relu

ACTION UNIVERSELLE DU CHRIST GLORIFIE

sa grandeur et que ce serait le crucijQé qui apprendrait l'obéissance aux hommes et par l'obéissance le retour a Dieu. Certes cette théorie est un grand progrès sur celle de Clément qui supprimait presque complètement le côté objectif de la rédemption. — Elle doit ses imperfections aux erreurs fondamentales du système d'Origène. Après tout, son Christ n'est ni Dieu ni homme dans son sacrifice; le Dieu s'est retiré de lui et l'âme humaine qui souffre et meurt au Calvaire est cet être étrange qui par son impeccabilité a été placé au-dessus de l'humanité, et ne correspond pas au degré de l'échelle morale où la race d'Adam s'est placée par sa transgression. Mais, si on oublie un instant les erreurs du dialecticien, si l'on se borne à écouter le chrétien et à considérer isolément les beaux côtés de cette doctrine de la rédemption, on y trouve des éléments précieux qui ne demandaient qu'à être dégagés de l'idéalisme platonicien du grand Alexandrin pour former une synthèse large et féconde. Une partie très-belle dans le système d'Origène est celle qui concerne l'œuvre du Rédempteur depuis la résurrection. Affranchi désormais des limites que la condition terrestre mettaità son action, il n'est remonté dans les cieux que pour exercer sur l'Eglise le pouvoir secourabie d'un divin amour. Sa mort, semblable au feu céleste qui consume l'holocauste, a fait disparaître ce qu'il y avait de corporel, d'extérieur, de local dans son œuvre, et il la poursuit maintenant dans la plénitude de la divinité*.

' « Omnia haec quae iu corpore a Salvatore gesta sunt, cœlestis igais absumsit et addivinitatis ejus naturam cuncta restituit. » [In Levitic.,\,i, vol. II, 187.)

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