‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 289 sur 387 · LE VERBE EST LA SUBSTANCE DES VERTUS · texte numérisé non relu

LE VERBE EST LA SUBSTANCE DES VERTUS

Dieu; l'œuvre de Christ nous ouvre les voies de la régénération, mais elle n'est pas pour le chrétien un trésor de grâces déjà acquises qu'il s'assimile par la foi. C'est bien lui qui nous rend la vie, et cependant nous n'avons pas reçu de ses mains notre lettre de grâce. Aussi ne sommes-nous jamais entièrement sauvés de ce côté de la tombe; nous sommes destinés à de nouvelles purifications après la mort qui seront proportionnées à notre état moral'. N'oublions pas que d'après Origène nous serons toujours exposés à retomber dans le mal en tant que créatures libres ; le ciel ne nous est donc jamais définitivement acquis.

Sous ces réserves dont nous ne nous dissimulons pas la gravité, la morale chrétienne est traitée d'une façon supérieure dans son système. Elle est tout entière rattachée à Jésus-Christ qui est appelé la substance des vertus ^. « Chaque âme attire à elle et reçoit en elle le Verbe de Dieu dans la mesure de sa foi. Quand les âmes ont ainsi attiré à elle ce Verbe divin, et qu'elles l'ont comme fait pénétrer dans leur pensée et leurs sentiments, et qu'elles ont respiré son parfum, elles sont remplies de joie et de vigueur et s'élancent sur ses traces ^. >' Toute action bonne ou mauvaise se rapporte en définitive à Jésus-Christ lui-même. Les prétendus chrétiens qui l'oublient pour les richesses et les soucis de

' De Princip., II, 11, 6. InJerem. HomiL, VII, 1, vol. III, 167.

- « Virtutum substantiam Christum soleamus accipere. » {In Cantic, 1, vol. m, 45.)

^ «Trahit unaquaeque anima et assurait ad se verbum Dei, pro capacitatis et fidei suae mensura. » {In Cantic, I, vol. lll, 41.)

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