LARGEUR DE SA NOTION DE L'EGLISE
et moi pour le monde, j'ai olïert mon holocauste à l'autel de mon Dieu et j'ai été le prêtre de ma propre immolation ^ C'est ainsi que le sacerdoce s'exerce dans le premier portique où les victimes sont offertes. Puis, pontife revêtu des vêtements sacrés, je passe de cette enceinte extérieure derrière le voile, dans ce sanctuaire, où comme le dit saint Paul, Jésus a pénétré, et qui n'est plus le temple fait de main d'homme, mais le ciel même. INe crois-tu pas que mon Seigneur qui est le souverain pontife, daignera recevoir de moi une portion de mou pauvre holocauste qu'il présentera au Père en son nom? Ne crois-tu pas qu'il trouvera quelque faible étincelle dans le feu de mon holocauste pour le consumer dans son encensoir et l'offrir au Père comme un parfum qui lui soit agréable^? »
§ V. — V Eglise. Le culte. Le sacrement. Les choses finales.
Origène n'a garde d'oublier que la vie religieuse n'a pas seulement une réalisation individuelle mais qu'elle aboutit à la société chrétienne. Le rôle qu'il a joué dans les luttes ecclésiastiques de sou temps et les persécutions qu'il a endurées delà part des représentants de la hiérarchie indiquent suffisamment la largeur de son point de vue. La distinction entre l'Eglise visible et l'Eglise invisible ressort de ses idées sur la pénitence. Le chrétien qui a commis quelque faute d'une
1 « Ipsemeae hostiae sacerdos efficior. » (i« Luc. Homil., IX, 9^ voL II, 243.)