‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 296 sur 387 · LE SACERDOCE UNIVERSEL · texte numérisé non relu

LE SACERDOCE UNIVERSEL

apôtre. Si le Sauveur envoie uu homme pour travailler au salut de ses frères, cet homme est son apôlre'. La charge n'est rien sans les qualités morales qu'elle réclame. Uu évèque sans vocation n'est pas un évoque^. Dans chaque âme chrétienne il y a un sanctuaire où l'Esprit remplit les fonctions sacerdotales \ Un libre accès auprès du maître est accordé à tous les croyants. Les Samaritains qui ont vu Jésus-Christ se gardent bien de confondre avec la foi la confiance préliminaire que leur avaient inspirée les paroles de la femme de Sichem; ils savent ce que c'est que croire, depuis qu'ils ont écouté le Seigneur et qu'ils ont reconnu par eux-mêmes qu'il est vraiment le Sauveur du monde. « 11 vaut mieux avoir la vue immédiate du Verbe et entendre son enseignement sans intermédiaire que de le recevoir de la bouche de ses serviteurs qui l'ont vu, sans l'avoir contemplé soi-même et avoir été éclairés par sa puissance * . » L'Eglise n'est point une hiérarchie ; elle n'a point de chef visible sur la terre. La pierre sur laquelle elle repose est Jésus-Christ. Tout chrétien peut s'appeler du nom de l'apôtre Céphas s'il a sa foi. « Jésus-Christ est la pierre ^ Tous les imitateurs du Christ ont droit à ce

1 "Ov ààv à'KO'j-iiXkr^ b aMzr,p c'.ay.ovr^cji'j.îvov x-fj Tivtov ctoT'/jpt'a, 6 àz05T£XX6t/.£Voç àizôaicAÔç, ècitv 'Iyj-oîj XptGTOÛ. [In Johann., 32, 10, vol. IV, 431.)

* « Si quis dicit se esse sacerdotem Dei, nisi habeat pectus (sacerdotis) non est sacerdos. » [In Levit., V, 12, vol. II, 214.)

* « Potest unusquisque nostrum eliam in semetipso constituere tabernaculum.» [In Levit. ,9, 4, vol. II, 164.)

* BÉATicv £GTiv a'jTCzxr^v 'fcV£ô6a'. -oy A07CU vj'iîcp [rr, opwvxa aùxbv o'.ay.cvwv xûv éopay.oxwv aùxbv ày.oustv xbv 7C£pl aùxcu KÔyo'f. [In Joann., XII, 52, vol. IV, 263.)

* « Petra Christus est. » {In Numéros Homil., 19, 3, vol. II, 345.)

390 NULLE REGÉNÉRATION BAPTISMALE.

nom '. » Il n'y a donc aucun privilège exclusif pour l'apôtre auquel ces mots ont été adressés pour la première fois. L'Eglise entière repose non sur sa personne mais sur sa foi, qui est celle de tous les croyants*. Enfin l'Eglise ne doit user dans sa défense que du glaive pacifique qui est l'épée de l'esprit ^.

Le sacrement n'a aucune valeur intrinsèque. L'eau du baptême ne saurait communiquer le Saint-Esprit par une sorte de vertu intrinsèque. « Celui qui reçoit l'eau ne reçoit pas l'Esprit-Saint ■*. Si quelqu'un vient au baptême étant encore dans le péché, il n'y reçoit pas la rémission de ses fautes^. » Le baptême n'est qu'un symbole*'; c'est l'invocation de la Trinité qui lui confère toute sa vertu '^. Les enfants peuvent recevoir le saint baptême comme le signe de la régénération nécessaire à tout être humain ^.

La sainte Cène n'est point un sacrifice matériel, car il n'y a pas de place pour de semblables offrandes dans

1 'H ■JcÉTpa ouv ô Xp'."5r • r.Tm- ol Xp'.sTSÎi iJ.'.[rf(Tal, r.é-poL y{- VCVTa'.. {FnJerem.^Xyi, 2, 3, voL III, 229.)

2 !n Matth., XII, 10, ll,voL III, 523, 525.)

3 « Gladium spiritus. » [In Matth. Comment. Séries, 101, vol. III, 907.)

* « Qui accipit aquatn non accipit Spiritum sanctum; qui lavaturinsalutem, et aquam accipit et Spiritum sanctum. » [In Ezech. Homil., 6, 5, vol. m, 378.)

^ « Si quis peccans ad lavacrum venit, ei non fit remissiopeccalorum.» {In Luc. Homil., 21,voL 111,957.)

* Tsîi ucaxo? AcuTpbv, gÙ[).6oXov --r^yxv'zy -/.ïOapcrîc'j '^'J'/jf^. {In Joann., t. VI, 17, vol. IV, 133.)

■^ Tr,; cuvâ[X£a); rr,: Trpoaxuvr/'nîi; Tp'.â^oç è7:tx)vT(<T£a)v . (In Joann., VI, 17, vol. IV, 133.)

8 « Ecclesia ab apostolis traditionem suscepit etiam parvulis baptismum dare. Sciebant enim quod essent in omnibus genuinae sordes peccati, quae per aquam et Spiritum ablui deberent. » [In Rom., \, 9, vol. IV, 565.)

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