AUTORITE DES SAINTES ECRITURES
le pain matériel, mais la prière qui a été prononcée sur lui ; elle est bienfaisante à celui qui ne le prend pas indignement. C'est là tout ce que nous avons à dire sur le corps du Christ typique et symbolique '. » « En réalité nous mangeons le corps et nous buvons le sang duVerbe quand nous entendons et recevons ses paroles. Celui-ci a vraiment mangé sa chair qui a saisi ses plus profonds enseignements^. »
Nous avons yu quOrigèue n'a pas voulu autre chose dans son système que pénétrer la doctrine de l'Ecriture telle qu'elle était comprise dans l'Eglise de son temps.
Ainsi admet-il pleinement en principe l'autorité du livre sacré; il n'en admet pas d'autre ; il ne s'incline devant aucune tradition et il ne veut se soumettre qu'à Dieu seul. « Que m'importe, s'écrie-t-il , que mille hommes affirment qu'une chose est vraie, si elle est condamnée au jugement de Dieu ? A quoi cela me sert-il que plusieurs Eglises se soient mises d'accord dans une même doctrine, si elles se sont laissé séduire par l'hérésie ? Ce que je veux avant tout, c'est que Dieu confirme mes paroles, et cette confirmation il la leur donne par le témoignage des saintes Ecritures^. » Elles constituent pour lui l'autorité souveraine. Semblables à une lyre aux cordes nombreuses, elles fondent toutes les
1 Où/ y; uAt) Toy àp-cu, ctW h ir.' ajTÛ v.çr,'^.v)0^ Ki^oq ècjTivô w^îXôv Tov [j/r) àva^fwç tcu /.upicj èsBbvra ajTCv, */.ai -au-a (Jièv ■KSpT TOu TUTT'.y.iO y.al c'j[;.6cAt/.0!j ctî)[;,aTOç. [In Matth., XI, 14, vol. III, 500.)
*7n Exod., VII, 7, vol. II, J55.
^ « Hoc est quod quœritur, ul Dominus sermonum meorum testis assistât, ut ipse comprobet quœ dicuntur sanctarum testimonio scriptarum, » {In Ezech., II, 5, vol. 111,364.)
THÉOPNEUSTIE TEMPÉRÉE. 303
diversités en un seul accord ' ; elles unissent le doux et l'amer comme Injustice et l'amour se pénètrent en Dieu". Origène semble admettre l'inspiration verbale au sens absolu. De même que chaque brin d'herbe a son importance pour le botaniste, de même chaque iota des lettres sacrées a une valeur propre à ses yeux^; il cherche à concilier toutes les divergences dedétaiP; il n'hésite pas à multiplier les miracles de Jésus-Christ pour faire évanouir les petites contradictions ^ Il va jusqu'à supposer que les Evangiles ont avec intention négligé l'exactitude historique pour enrichir le sens spirituel". D'autres fois il tempère ce que sa notion de l'inspiration a d'excessif; il ne la fait pas porter sur la correction du langage, car il signale des solécismes dans les écrivains sacrés \ Il ne craint pas d'affirmer que 3Ioïse a inséré des ordonnances de son chef dans la loi de Dieu, ce qui entraîne la distinction entre la parole de Dieu et l'Ecriture ^ Si, à l'exemiile de Justin Martjr, il compare les écrivains sacrés à une harpe résonnant sous le doigt qui la presse , il aflBrrae que l'Esprit-Saint n'a jamais animé une âme perverse, bien qu'on puisse admettre
> In Matth., \, 1, vol. 111, 441.
î/« Jeiem. Homii, I, 16, vol. III, 135.
' Ol[j.ai oTt -/.ai Tzav Oaujj.aG'.ov ^^çii[}.\j.7. xb Y^Tp^t'-l^'-'^ov èv Tol'ç XoYt'o'.ç Tou Osou èpYâC-<î6ai, xai oùx ecTtv l'wxa sv, r^ yJ.a. Y.tpMct '{e''(pa\).\JÀrri èv tyj Ypacpf], T/TIç où/, èp^âï^exa'. xc eot.'Jiriq epYOV. [In Jerern, 39, vol. 111^ 28G.)
'^ In Joann., 6, 18, vol. IV, 134.
s in Matlh., 16, 12; In Matth. Comment. Séries, 77, vol. 111,732, 892.
6 In Joann., X, 3, vol. IV, 163.
■7 In Joann., IV, 1, 2, vol, IV, 93.
8 « Per Moysen quidem mulla locutus est Deus, aliquanta tamen et Moyses propria auctorilate mandavit.» {In Numéros Ilomil., 16, 4, vol. Il, 830.)