IL REVIENT SUR SA PENSEE
était très-grave rapprochée de celle qui attribuait au Fils un commencement. Pour juger équitablement de la théologie de Denys, il ne faut pas oublier que dans le même écrit, il exprimait les rapports du Père et du Fils en reprenant les antiques images du fleuve émané de la source, du rayon jaillissant du foyer lumineux, de la plante sortant de sa racine. Il n'était pas plus unitaire à la façon d'Arius que trinitaire à la façon d'Athanase; c'était en Dieu même qu'il voyait se produire les distinctions qui aboutissaient à la multiplicité des personnes, mais ces distinctions étaient bien plus tranchées pour lui qu'elles ne l'ont paru à l'orthodoxie de Nicée. En tous cas son langage manquait de rigueur dialectique et couvrait de vraies contradictions.
Les assertions de l'évêque d'Alexandrie provoquèrent un vrai scandale parmi les évêques de la Libye ; ils adressèrent une lettre de plainte à Denys, évêque de Rome, comme au représentant de l'une des Eglises les plus importantes du monde. L'évêque romain protesta contre les idées et surtout contre les expressions de son collègue d'Alexandrie, en s'attachant surtout aux mots malheureux qui semblaient faire du Christ une créature et établir une différence entre lui et le Père. Denys d'Alexandrie était un grand ami de la paix. Il s'efforça d'expliquer, non sans les atténuer, les déclarations qui lui étaient le plus vivement reprochées, dans un écrit apologétique adressé à l'évêque de Rome'. On croirait, au premier abord, qu'il accepte entièrement les idées de son
' Voir Routh [Reliq., \\\, 390 et suiv.)