‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 307 sur 387 · IL ATTÉNUE SA PREMIÈRE DOCTRINE · texte numérisé non relu

IL ATTÉNUE SA PREMIÈRE DOCTRINE

contradicteur. Il insiste en effet avec énergie sur l'impossibilité de séparer le reflet du rayon et le Fils du Père, puisque le Père n'a la paternité qu'en tant qu'il possède le Fils. L'éternelle lumière a donc toujours eu son reflet et l'éternelle paternité suppose une filiation également éternelle*. Dire que le Fils a été produit par le Père, c'est tout simplement parler la langue courante des Grecs qui disent aussi que la parole est produite par celui qui la prononce. N'est-ce pas là l'étymologie véritable du mot de poëte? Le poëte est celui qui produit et ce qu'il produit est la manifestation de sa pensée*. Cependant, à y regarder de plus près, on reconnaît que Denys d'Alexandrie a maintenu dans toute sa rigueur la subordination du Fils au Père. Il compare leur relation à celle de la parole et de la pensée. La pensée est comme la parole intérieure, implicite; en passant par nos lèvres elle devient le langage articulé, extérieur; elle est de même essence, mais elle a changé de mode d'être. C'est bien l'ancienne distinction du Verbe intérieur et du Verbe extérieur. Seulement le Verbe intérieur pour Denys n'est pas simplement la seconde personne de la Trinité dans son existence virtuelle comme pour Justin et Athénagore; il est déjà Dieu. Il n'en demeure pas moins qu'avant sa polémique avec l'évêque de Rome , il n'admettait pas aussi nettement l'éternité du A'erbe extérieur et qu'il lui assignait un

' OvTo; il'. TOÎ) sojTo;, oy;Xsv w; Iit'.v àsl xb àiz^d-^dQ^a.. (Routh, III, 390. — Reproduction des citations d'Athanase.) 2 Id., 395.

^ Id., m, 396, 399.

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