IL ABOUTIT A LA CONTRADICTION
commencement. Il est revenu sur sa première opinion, il aurait dû le dire plus clairement. En s'efforçant de tout justifier, il a entouré d'obscurité sa pensée définitive. En affirmant que le Fils est engendré éternellement du Père, il entend qu'il est éternellement produit par lui. Denys résumait sa doctrine dans cette formule : « Nous dilatons la monade indivisible dans la triade et nous ramenons la triade qui n'a subi aucune diminution à la monade '. » Cette formule bizarre écarte absolument l'idée que le Fils est d'une autre nature que le Père. Denys n'hésitait pas à proclamer l'identité de leur essence. Il recourait encore ici au langage figuré. La source en devenant fleuve change de nom mais pas de nature, il en est de même de la racine qui devient plante. La source, c est le Père, le fleuve c'est le Fils. La vie est sortie de la vie, comme le fleuve est sorti de la source; la lumière brillante a jailli de la lumière qui ne saurait s'éteindre-. Toutes ces images rappellent plutôt l'émanation que rengendrement par un acte de volonté. Evidemment la pensée de Denis est embarrassée; il ne peut sacrifier la subordination qui garantit seule à ses yeux la distinction des personnes. D'un autre côté l'orthodoxie rigide qui s'est formée par opposition au sabellianisme s'impose à lui; il reconnaît ses droits sans pouvoir les concilier avec ses tendances premières. De là un douloureux conflit dont il ne par-