‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 309 sur 387 · SON SPIRITUALISME MORAL · texte numérisé non relu

SON SPIRITUALISME MORAL

\ient pas à s'affranchir et qui se révèle par de flagrantes contradictions. Mais ces contradictions elles-mêmes dans un esprit si généreux sont importantes à relever comme un signe du temps. II n'est pas de situation plus douloureuse dans l'histoire de la pensée religieuse que de se trouver sur la limite de deux périodes dogmatiques entre des convictions anciennes et des besoins nouveaux.

Les fragments des autres écrits dogmatiques de Denys, qui nous ont été conservés, offrent peu d'intérêt au point de vue théologique. Son Traité sur la Nature est une réfutation claire et solide de l'athéisme des épicuriens; il rapporte à l'égoïsme la cause de nos erreurs morales '. Son Commentaire sur Job ne nous a été conservé que sous une forme très-incomplète. Il parle avec élévation de la puissance, de la sagesse et de l'éternité de Dieu, qui apparaît d'autant plus admirable qu'elle est mise en regard de notre vie changeante et successive où le présent nous échappe, où l'avenir qui n'est pas encore se hâte vers la cessation de l'être^. Mais ces développements n'ajoutent rien à la conception dogmatique de Denys. On voit, par sa lettre canonique à Basilidès, qui roule sur la célébration du jeûne pascal, qu'il est entièrement demeuré fidèle au spiritualisme d'Origène et que dans le culte, comme dans la morale, il s'attache non à la forme mesquine mais au fond des choses, se montrant très-coulant pour les diversités de

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