POSE LES VRAIS PRINCIPES DE LA CRITIQUE
la pratique'. Dans Técril qu'il dirigea contre Népos, il combat énergiquement, tout à fait dans l'esprit d'Origène, la manière grossière et judaïque dont les millénaires se représentaient l'avenir de l'Eglise *. C'est à cette occasion qu'il donna toute sa pensée sur le livre de l'Apocalypse, qui était le grand argument des partisans du millenium. Quand même on ne souscrit pas à ses conclusions, on ne saurait trop admirer les principes de critique sacrée qu'il formule. C'est là certainement la partie la plus neuve et la plus originale de sa théologie. Il a créé de toutes pièces l'instrument si délicat de la critique , en évitant toute exagération et en balançant l'un par l'autre les divers éléments d'appréciation. S'il a fait un grand usage de la preuve interne, il se garde avec soin de l'arbitraire qui ferait du sens propre la norme absolue de la révélation. On en peut juger par les mots suivants qu'il oppose à ceux qui rejetaient en bloc le livre des révélations, parce qu'il heurtait leurs idées préconçues : « Je n'oserais pas, dit-il, repousser tout à fait ce livre, surtout en le voyant tenu en si grande estime par plusieurs de mes frères. J'admets qu'il peut avoir un sens qui dépasse ma conception, et qui est le sens caché et profond des choses qui y sont contenues. J'ai beau ne pas comprendre, je suppose que les mots cachent une idée plus sublime que ce que j'entrevois. Je ne fais point de mon intelligence l'arbitre et la mesure d'un tel livre^, mais me fiant davantage à la foi, je
' La lettre à Basilidès se trouve dans les Reliq. de Routh, III, 223. 2 Toute celte discussion se trouve dans Eusèbe. [H. E., VII, 25.) * O'jy. tctio Tayia [jieTpwv y.ai xpivwv \q^\q\im. {Id.)