‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 315 sur 387 · THÉOLOGIE D'IRÉNÉE · texte numérisé non relu

THÉOLOGIE D'IRÉNÉE

raffermissement de la tradition, Hippolyte, venu un demi-siècle après lui , est l'un des plus énergiques champions des libertés de l'Eglise; il est demeuré si constamment fidèle au génie alexandrin, que l'un de ses écrits a pu être attribué à Origène.

§ I. — De la théologie d'Irénée.

Irénée fut théologien par nécessité , par devoir. Obligé de défendre les croyances chrétiennes contre le gnosticisme, il ne put se dispenser de les formuler, en précisant leur sens véritable, qui lui semblait dénaturé par ses habiles adversaires. Ce but apologétique et polémique donne à son exposition un caractère de simplicité et de netteté très-frappant, et l'empêche de s'attarder dans la spéculation pure. Il serre la pensée d'une ferme étreinte, il en dessine les contours avec vigueur, il est latin par la méthode. Mais la pensée elle-même est bien grecque; elle est le fruit mûri de ce long et libre développement qui s'est manifesté dans tout le cours du second siècle, en Grèce, en Asie 3Iiueure et à Alexandrie, et qui a pour premier foyer Ephèse au temps de saint Jean. Il est demeuré fidèle à cette féconde doctrine du Verbe, unissant dans une profonde et vivante harmonie l'élément humain et l'élément divin. Seulement, sur le sol gallo-romain, le théologien a moins foi dans la liberté, et il croit à la nécessité de protéger la vérité. Il ne demande pas encore cette protection aux formulaires imposés par de grands conciles; il se contente du pouvoir épiscopal, gardien de la tradition. 3Iais cette

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