LA RÉVOLTE A AMENÉ LA CHUTE
royaume du mal et de la perdition n'a donc pas été fondé, comme le prétend la gnose, par t;n décret divin ou une prédestination de malheur. La chute de l'homme est la conséquence de l'incrédulité et de la désobéissance d'Eve, qui s'est laissée prendre aux suggestions du serpent \ La première conséquence du péché a été la perte de l'immortalité; l'être déchu est voué à la mort et en transmet le germo à sa descendance -. La douleur, le travail pénible sont également des fruits de la première transgression. Le châtiment est directement voulu de Dieu qui est fidèle à ses menaces comme à ses promesses. C'est lui qui a décrété la condamnation; pourtant la malédiction a plutôt porté sur la terre qui avait été le théâtre de la révolte humaine que sur Adam ^
Du reste personne n'est condamné que pour ses propres fautes. La race d'Adam suit son père au chemin de la mort, parce qu'elle l'a suivi dans celui de la révolte. Le mal, comme le bien pour être eflGcace, doit recevoir le sceau et ia confirmation de la volonté'.
La chute a détruit dans l'homme l'œuvre glorieuse de la création en le dépouillant de la vie divine et immortelle qui était sa gloire et sa vraie nature. Dieu ne veut pas être vaincu; il ne consent pas à ce que son plan
1 Hseres., III, 33.
2 « Quemadmodum per priorem generationem mortem haerr-iitavimus. » (/rf.,v,l.)
8 « Non ipsum maledixit Adam, sed li^rram in operibu«pjus. » {Id., 111, 35.)
* 11 dit des hérétiques qu'ils persévèrent dans le vieux levain de la génération : In veteri generationis persévérantes fermenta. (Id., \, 1.) Donc la révolte actuelle est une confirmation de la révolte première dont nous avons reçu le germe en naissant.