L'INCARNATION RÉVÈLE DIEU
primitif échoue. Voilà pourquoi il décide de sauver la créature humaine. En la sauvant, il ne fait que la rétablir dans sa condition originelle ou plutôt il réalise la glorieuse destinée qu'il lui réservait , si elle ne fût pas tombée. 31ais ce salut, Tètre déchu ne saurait Taccomplir, car il est l'esclave du mal et la proie de la mort. Il « n'était pas possible de créer à nouveau cet homme qui avait été vaincu et dépouillé, et de le rendre ainsi victorieux ni de faire recevoir le salut à celui qui était sous l'empire du péché'. » D'un autre côté ce salut ne pouvait être accompli en dehors de l'humanité. « La mort est venue par un homme, la résurrection doit venir également par un homme -. » L'incarnation seule résout ce problème qui paraît d'abord insoluble.
C'est ici qu'éclate la supériorité de la théologie d'Irénée qui n'a point été dépassée sur ce point. Ses devanciers avaient réduit l'incarnation à n'être que le mode supérieur de la révélation ou de l'illumination divine, parce que la religion conservait pour eux un caractère beaucoup trop intellectuel. Irénée ne néglige pas ce point de vue qui a son importance ; il admet aussi que le Verbe a revêtu une chair humaine afin de nous manifester Dieu et d'éclairer les ténèbres de notre ignorance. Dieu seul pouvait nous révéler Dieu. C'est le Verbe qui fonde la connaissance du Père ^ « Dieu ne saurait être connu dans sa grandeur qui nous
> Hxres., III, 20.
' 'Ezs'.Sr, ^àp C'.' àv6pa)';:;!j 6 Sava-io;, 8'.' àvôpw-ou àvacrTajc; èx v£y.pô)v, (M., III, 20.) ' Id., IV, 15.