‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 323 sur 387 · NUL DUALISME EN JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

NUL DUALISME EN JÉSUS-CHRIST

sauve c'est qu'elle est, humaine, réellement humaine; ce qui ne l'empêche pas d'être divine au point de vue d'Ircnée, puisque pour lui le second Adam est en définitive l'Adam véritable, c'est-à-dire l'homme parfait, car la divinité rentrait dans la destination primordiale de l'être créé à l'image de Dieu. Né miraculeusement de la vierge Marie pour être soustrait à la chute originelle, Jésus est bien le Verbe incarné; il a vraiment revêtu la chair humaine avec ses infirmités moins ses souillures ; il a connu la faim, la fatigue. Il a pleuré sur Lazare, une sueur de sang a baigné son front, son côté a été percé par la lance des soldats et son âme a été triste jusqu'à la mort'. Il était vraiment tout ce qu'il paraissait être ". Si Marie a été choisie pour être la mère du Sauveur, ce n'est point pour je ne sais quelle pureté originelle qui la ferait sortir de l'humanité déchue; non, c'est son obéissance à l'appel de Dieu qui lui a vali: cette haute dignité qu'Irénée relève avec quelque exagération, q^jand il lui attribue d'avoir brisé par sa foi le nœud fatal qu'Eve avait formé par sa désobéissance ^ Il n'est nullement question d'une conception immaculée de la mère du Sauveur ; sa soumission aux paroles de l'ange Gabriel est son titre unique à l'honneur qui lui est dévolu. La di.-tinction des deux natures en Jésus-Christ n'a point de place dans la doctrine d'Irénée. Sans doute l'élément humain ne se confond pas absolument avec l'élément divin, mais il n'y a

» Hxres., III, 32.

*ld., V, 1.

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