IL A REPRÉSENTÉ LA RAGE HUMAINE
rien là qui établisse une différence essentielle entre le Verbe incarné et l'Adam primitif; le premier homme en effet était appelé à recevoir et à posséder la divinité. Le Verbe dans l'homme Jésus occupe précisément la place qu'aurait remplie l'Esprit divin dans l'homme primitif, si celui ci eût réalisé sa vraie destinée. Il s'ensuit que le Christ accomplit à la fin des temps l'idéal que le péché a détruit au commencement du monde; il a été l'homme parfait, c'est-à-dire l'homme absolument uni à Dieu ^ Il a comme récapitulé en lui toute la race humaine, il a été le chef véritable de la race ^, représentant non-seulement toutes les générations mais tous les âges, car il a racheté l'enfance, la jeunesse et la maturité, en étant tour à tour enfant, jeune homme et homme fait'. Cela n'enlève rien à la divinité qui éclatait dans ses miracles et surtout dans ses pardons *. Plein de compassion pour nos misères comme homme, il les remettait comme Dieu. Ceux qui nient sa divinité dépouillent l'humanité elle-même en lui ravissant sa plus belle couronne ^ En effet le Verbe s'est fait homme dans ce des-
' « Neces;-e fuit Doniinum suum plasma rfquirentem, illum ipsum hominem salvarequi factusfuerat secuiidurn imaginem ejus... Per secundum hominem viviflcans eum hominem qui fuerat raortificatus. » [Hxres., III, 33.) — « In fine Verbura Patris et spiritus Dei adunitus antiquœ substantiae plasmationis Adae viventem et perfectum fecit hominem. » [Id., V, 1.)
* « Filius Dei incarnatus longam hominum expositionem in seipso recapilulavit, nobis salulem praestans ut quod pcrdideramus ia Adam, id est secundum imag-inem et siii.ilitudinem esse Dei, hoc in Christo Jesu reciperemus. » [Id., III, 20.)
3 « In omnem venit eetatem. » [Id., II, 39.) '' Id.,Y, 17.
* 'ÂTTOîjTîpîîjv-a; TGV àv6pu)Tiov -fjÇ dq ôccv àvooou. [Hxres., III, 21.)