‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 325 sur 387 · LA REDEMPTION S'OPERE PAR L'OBÉISSANCE · texte numérisé non relu

LA REDEMPTION S'OPERE PAR L'OBÉISSANCE

sein que l'homme pût revêtir le Verbe et qu'en recevant l'adoption , il devînt fils de Dieu. « Le Verbe s'est fait homme, dit encore Irénée dans une parole d'une singulière hardiesse, afin qu'il accoutumât l'homme à recevoir Dieu et Dieu à habiter dans l'homme *. » Par le Christ nous devenons dieux en définitive ^.

Si nous considérons non plus seulement la personne mais l'œuvre même du Rédempteur, nous comprendrons d'autant mieux combien il importait à Irénée de maintenir toute la réalité de la nature humaine de Jésus-Christ. La race d'Adam est esclave de Satan et du péché, elle s'est précipitée sous le joug par sa révolte. Ce n'est que par un acte d'obéissance qu'elle brisera ses chaînes et qu'elle triomphera de son vainqueur; cet acte rédempteur elle seule peut l'accomplir, sinon il n'aurait aucune valeur morale. « Si un homme, dit Irénée, n'avait pas vaincu l'ennemi, la victoire eût manqué de jus-

* « Filius homo faclus est, ut assuesceret hominem percipere Deuin et assuesceret Deum habitare in homine. » Hxres., III, 22.)

2(( Primo quidem homines, lunc demum Dei. » [Id., IV, 75.) Je ne connais qu'un seul texte qui semble impliquer la dualité des deux natures; c'est celui-ci : ùz-t^ ^àp r,v àvOpw::!?, Tva TTStpasôr^, û'jtwç •/.%'. Ac-

xaù -Ta-jpojsOa'. , y.at àzoOvTjr/.siv • cyYV'.vo[;ivG'j oï im avOpw-ijj iv Tto vf/.av, -/.xi icjîCiJLSVc'.v, y.al -/pr^sTSÙecôa'., y.at àvîcTasOx-. y.a- àva- Àajj.civcjôat. (V.Int.) « Sicutenim homoerat ut tentaretur, sicetVerbum

ut glorificarelur : requiescente quidem Verbo, ut posset tentari et inhonorari et crucifiiîi et mori ; absorpto autem homine in eo quod vincit et sustinet et resurgit et assumiiur. » (III, 21.) Ce repos du Verbe, dans la souffrance et la mort, implique un certain dualisme. Mais, comme nous l'avons vu, ceduaiisme est inhérent à l'homme primitif, en tant qu'il devait participer à la vie divine. A vrai dire, il n'est tout à fait homme que par cette dualité, qui se résout dans l'unité de la personne morale. Ce texte ne saurait prévaloir sur tous ceux que nous avons cités, et qui impliquent la consommation de la destinée humaine dans la divinité.

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