‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 34 sur 387 · DOCTRINE DE MARCUS · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE MARCUS

•îe gnosticisme la typologie pvt!;agoricienne ou plutôt les symboles tourmentés de la kabbale, et rattachait aux lettres de l'alphabet et à leur valeur chiffrée ses élucubrations singulières. Chaque lettre en résonnant a produit une émanation qui est un ange et toutes ensemble sont venues se fondre dans l'Amen comme dans Tunité finale '.Le Verbe est la principale de ces émanations. Les consonnes par leur son obscur et sourd symbolisent le caractère ineffable du Père ou de l'abîme; les demivoyelles expriment le Verbe et la Vie et les voyelles pleines sont affectées à l'homme et à l'Eglise. L'écho du son primitif retentit au delà du Plérôme; de lui procède notre monde; il joue donc le rôle du Démiurge. La douleur habite cette région inférieure, aussi chaque nouveau-né arrive-t-il dans cette vie imparfaite en poussant uue plainte; son premier cri est : Hélas! C'est sa manière d'appeler le libérateur. Le Plérôme s'est uni à l'homme Jésus au moment de son baptême : le Rédempteur, qui représente la vie universelle, mérite de s'appeler l'Alpha et l'Oméga. Il a exercé s? mission en faisant connaître le Père. Cette espèce de métaphysique plaisait à un siècle qui avait l'horreur de la simplicité et n'aimait dans une doctrine que le côté étrange et mystérieux. 3Iarcus ne dédaignait pas de recourir aux jongleries de la magie -; il se posait en inspiré. A l'entendre, la Tétrade qui est au sommet du Plérôme lui serait apparue sous les blancs vêtements d'une femme. Il

' Voir pour le système de Marcus, Phil., VI, 39-53; Irénée, Contra heeres., I, 9; Epiphane, XXXIV.

2 Mav'.y.Y;; qj.ZE'.po;. {Phil., Vi, 39.)

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parodiait le baptême et la sainte cèDe, prétendant que l'eau répandue dans la coupe se changeait eu sang. Le soin que les Pères du second et du troisième siècle ont mis à réfuter ces rêves d'un cerveau malade donne la mesure des entraînements de leurs contemporains.

Deux autres Valentiniens, appartenant à la branche occidentale de l'école qui comme nous l'avons vu, faisait dater du baptême de Jésus la communication de la vie supérieure, se distinguent par un tour d'esprit modéré et une vraie spiritualité. Ce sont Ptolémée etHéracléon. Le premier semble avoir joué un rôle prépondérant puisque Irénée déclare l'avoir principalement en vue dans sa réfutation du gnosticisme. Il admettait toutes les idées fondamentales du système de Yaleutin, se bornant à modifier quelque peu les hypostases du Plérôme. Il plaçait près du Père deux Eons au lieu d'un seul; à côté de la connaissance il mettait la volonté. Peut-être faisait-il de ces deux Eous la première sy gie ou le premier couple divin, identifiant l'Intellect à l'élément masculin. Cette place d'honneur accordée à la volonté n'est pas sans importance, elle révèle au moins une préoccupation morale très- étrangère aux autres gnostiques. Ptolémée s'est surtout attaché à déterminer le rapport entre les deux alliances ; il suffirait a lui seul à nous prouver combien l'école valentinienne était relativement modérée dans son appréciation des institutions mosaïques et du Dieu des Juifs. Nous possédons sur ce sujet un document étendu de Ptolémée reproduit par Epiphane : c'est sa lettre à une dame chrétienne nommée

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