‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 340 sur 387 · L'INCARNATION DU VERBE · texte numérisé non relu

L'INCARNATION DU VERBE

Le Verbe, en s'incarnaut, a bien pris l'antique chair d'Adam, la vraie nature humaine, mais sans cependant se dépouiller de Timpassibilité de la nature divine. Celle-ci ne s'est ni dépouillée, ni anéantie; elle est restée ce qu'elle était, n'étant susceptible d'aucune modification '. La chair n'est point devenue divine, ni la Divinité n'a revêtu la passivité de la chair -. La distinction des deux natures est demeurée intacte et absolue dans l'unité de la personne. C'est un mystère qui ne saurait être expliqué ; bornons-nous à reconnaître que, dans le Verbe incarné, la Divinité est le principe actif et la chair le principe passif. Le Verbe a communiqué à la chair l'énergie de la Divinité, qui n'a point été bornée par son abaissement ''. De même que la pensée, pour s'exprimer, use des organes physiques du langage, sans avoir aucune analogie avec eux et par un procédé qui nous est inexplicable, de même le Verbe, dans l'incarnation, se sert de la chair pure et intacte qu'il a revêtue ^. Sou corps est en quelque sorte son vêtement^. Par son incarnation, il a traversé le sein de la Vierge ®. « La divinité de Jésus accomplit les choses divines dont

•/.x-OL çus'.v à'TCc'.pîV, às/eTOV, x-aOéç. [Contra Bero, p. 227.)

* « Neque caro per se sine Verbo subsistere poterat, quia in Verbo habebat Tr,v cij-ac.v, id est in Verbo subsistebat. » {Contra Noet., c. 15.)

3 Tvi; loiaq Osc-r^icç l^i.'jzo'.rfGoi.ç ty^ capxi tyjv èvép^s'av, où Tisp'.- Ypa90[j.év/]v rj-fi otà r/jv y.évwsiv. [Contra Bero, p. 226.)

* Id., p. 227,228.

5 "Evo'J[xa ly^wv xo àvOpwz'.vov zC)\i7.. {Prxdicatio in Tlieophania, p. 262.)

6 0 6sec AÔY^Ç capy.wOî'iç z'.iîr^ xaAÛç [J.r-.pxy •::apOévo'J. [Comm. in Prov. Mai, Nova Bihl. Patrum, VIF, 73.)

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