LIBÉRALISME ECCLÉSIASTIQUE D'HIPPOLYTE
sur l'Eglise. Celle-ci n'est pas pour lui une monarchie religieuse despotiquement gouvernée par Tépiscopat. Sa véhémente opposition à l'évêque de Eome éloigne toute idée de primauté. Il ne veut pas davantage reconnaître aux évéques le pouvoir des clefs, comme s'ils pouvaient, de leur autorité privée, dispenser les pardons de Dieu. C'est ainsi qu'il écarte très-nettement toute notion sacerdotale. Il n'admet pas que la charge ait une vertu intrinsèque qui survive, en quelque sorte, aux qualités morales qui font le chrétien et l'évêque. Il ne conçoit pas non plus l'Eglise comme une institution impersonnelle, abritant la piété et l'impiété ; il repousse avec indignation la dangereuse métaphore de Calliste, qui l'assimilait à l'arche de Noé également ouverte aux animaux purs et impurs. Il voit en elle une sainte société de croyants*. L'Eglise qui, en définitive, trouve sa réalisation dans les Eglises particulières, est comparée par lui à un grand navire qui a pour pilote Jésus- Christ, et pour étendard la croix ^ Dans une autre image, ill'assimile à la femme de l'Apocalypse revêtue de la lumière divine comme du soleil. Les douze étoiles sur son front sont les apôtres, et elle enfante incessamment le Verbe avec douleur dans les cœurs chrétiens ^ La pierre sur laquelle elle repose est Jésus-Christ seul"* ; Hippolyte n'en connaît pas d'autre.
1 Phil., IX, 12.
2 "E/îi yàp [XcO' eauTviç tcv £[j.T:£tpsv y.ucspvr~r^v Xpic-cv. [De Antec/uisto, 23.)
3 O'j rA'Jz-y.'. -q l'/yXr^z'.y. -(v/v&'zx iv, y.apcîx; tcv Aoycv. [Id., p. 30.)
* Ty] 'Kve'j\x%v.7.ft TTÉxpa, Xp'.STW. (Mai, l^ova Bibl. Patrum, 73.)