DENYS DE ROME
étroite. Le controversiste et le prédicateur l'emportent décidément sur le penseur dans Hippolyte.
Nous n'avons plus à citer qu'un seul théologien appartenant à TEglise occidentale : c'est Denys, évêque de Eome (257-269 *). Ses deux devanciers, Corneille et Etienne, n'ont figuré que dans les luttes ecclésiastiques. Denys s'est posé comme un gardien vigilant de l'orthodoxie, non-seulement contre l'hérésie, mais encore contre l'école d'Origène, représentée avec éclat par Denys d'Alexandrie. Il a aussi complètement écarté les opinions de TertuUien et d'Hippolyte sur la nonéternité du Verbe. Après avoir présidé le concile tenu à Rome, pour examiner l'accusation portée par les èvêques égyptiens contre les idées de Denys d'Alexandrie, Denys de Eome écrivit une lettre circulaire aux plaignants. Quelques fragments en ont été conservés par Alhauase-. La Trinité y est pour la première fois formulée
1 Borner {Lehre von Pers. Christ., I^ p. 757) place avant Denys de Rorne Zenon, évêque de Vérone, en se fondant principalement sur le caractère de sa doctrine, qui lui paraît devoir être antérieure à Nicée. D'après Zenon, le Verbe serait la manifestation totale du Père, son moi objectivé; on dirait deux mers qui mêlent leurs eaux. Cependant cette manifestation extérieure n'aurait eu lieu que pour la création. Ainsi Zenon se rapproche de TertuUien sur ce dernier point, tandis qu'il s'en éloigne en afïirmant l'égalité du Père et du Fils. Il comprend l'incarnation comme Hippolyte; mais d'autre part on trouve des fragments de lui qui rappellent Lactance, Hilaire et Basile, et qui confirment le passage de saint Ambroise sur un certain Zenon son contemporain, (5* lettre à Syagrius.) La question chronologique est encore trop incertaine pour que nous rangions Zenon parmi les théologiens des trois premiers siècles.
2 Les fragments de Denys de Rome se trouvent dans l'écrit d'Athanase: De decretis synodis Nie, c. 4. (Routh, Keliquix, III, p. 373 )